L’association Goupil voit le jour en 1996 dans le petit village de Brissac avec un objectif : « faire que l’écologie ne devienne non pas un fond d’écran, mais un quotidien pour tous », exprime Marie-Pierre Puech, vétérinaire et présidente de l’association. Après plus de 10 ans consacrés à l’éducation de la population sur l’importance de la préservation de l’environnement, Goupil ouvre son hôpital faune sauvage, en 2008.
28 000 animaux accueillis
« Il fallait faire quelque chose face à cette diversité qui se casse la gueule. On a vu disparaître les crapauds, les hérissons, donc que fait-on ? Mon idée était alors de monter notre hôpital faune sauvage qui prend soin de la nature, des territoires », détaille la vétérinaire en cheffe. Ici, à l’hôpital faune sauvage, Goupil accueille tous les animaux de la faune sauvage, allant des mammifères aux oiseaux. « Nous prenons en charge de nombreux juvéniles ramassés l’été. Nous avons beaucoup de prédation de la part d’animaux domestiques et aussi de nombreux chocs véhicules », détaille Mathilde, 23 ans, soigneuse à Goupil depuis deux ans. Ce sont les trois principales causes d’entrée au sein de l’hôpital de l’association. Depuis la création de l’hôpital faune sauvage en 2008, Goupil a accueilli près de 28 000 animaux gratuitement, dont plus de la moitié sont repartis vivants. « Nous accueillons jusqu’à 60 animaux en janvier et jusqu’à 1 000 en juillet« , livre la vétérinaire retraitée.
Une prise en charge adaptée
La prise en charge des animaux blessés varie en fonction de leur état. « Par exemple pour un jeune mammifère, on va déjà le réchauffer, puis le biberonner jour et nuit jusqu’à ce qu’il atteigne un point qui nous convient afin de le relâcher une fois autonome », explique la jeune soigneuse. Pour les animaux victimes de prédation ou percutés, la prise en charge diffère. Tout d’abord, les soigneurs effectuent un pré-diagnostic, puis réhydratent, donnent du sucre et mettent au chaud l’animal. Ensuite, c’est au tour de Marie-Pierre Puech d’intervenir afin d’établir le diagnostic complet du blessé et mettre les traitements nécessaires en place. Dans les cas les plus graves, l’animal peut être opéré voire euthanasié.
« La situation de la biodiversité n’est pas entendue »
Aujourd’hui, Goupil vit essentiellement grâce aux donations des citoyens. Une situation instable et peu pérenne qui engendre des difficultés financières au sein de l’association. « Nous, et la biodiversité en général, ne sommes pas la priorité des finances publiques », regrette Catherine Audic, chargée du secteur pédagogique. Pour la membre de l’association, c’est notamment « à la population de se faire entendre pour que la biodiversité soit prise en compte ». Pour Catherine Audic, la seule solution de pérennisation serait de bénéficier de « financements de l’Etat et des collectivités ou encore davantage de dons individuels ou d’entreprises, ou encore du mécénat ». Au-delà des collectivités et des citoyens, les autres associations, au rayonnement national, ont un rôle à jouer, pour la chargée de secteur. « Aujourd’hui, de nombreuses associations nationales ont du mal à aborder le sujet de la biodiversité, dont s’occupent toutes les petites associations.. Donc, tant que celles-ci n’auront pas un discours plus unitaire, la situation ne changera pas », fustige Catherine Audic. Pour la membre de l’association, agacée, « cette situation que connaît la biodiversité est suffisamment grave et pas assez entendue pour que l’on arrête de se voiler la face ».
Un travail d’éducation citoyenne
« Hormis leur passion pour la santé et les soins des animaux, les soigneurs jouent également un rôle « d’éducation citoyenne » auprès des citoyens qui découvrent le centre. « En dehors de faire un boulot de samu social, on assure aussi une éducation civique et citoyenne », insiste Marie-Pierre Puech. » Nous ne souhaitons pas former les jeunes à être des pros de la bobologie, mais de comprendre ce qu’est l’animal parmi nous et comment réparer les territoires et les espaces dans lesquels les animaux vivaient », détaille Marie Pierre Puech. Cette dernière place beaucoup d’espoir dans la nouvelle génération de jeunes. « Nous sommes en train d’attirer les nouvelles générations avec qui il faut inventer des boulots qui soient rémunérateurs et en coopération », s’enthousiasme la présidente. Pour réaliser ses objectifs et poursuivre son travail d’éducation citoyenne, l’association vient d’acheter une grande terre, de 70 hectares de garrigue, destinée à l’éducation d’enfants ou d’adultes, à la formation de jeunes agriculteurs, d’urbanistes, de chercheurs, mais aussi à des démonstrations. « Cela sera un lieu d’expérimentation, ensemble, avoir de savoir comment nous pouvons remettre de la diversité, de la curiosité et de la tranquillité dans nos vies », se réjouit Marie-Pierre Puech, plein d’espoir.
Goupil est à la recherche de bénévoles toute l’année mais surtout durant la période estivale. Pour s’engager au sein de Goupil ou faire un don, rendez-vous ICI.