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Gard : Frédéric Jean, Ordre des médecins, « nous avons perdu environ 40 médecins en deux ans »

© Frédéric Jean, président du Conseil de l’ordre des médecins du Gard. Photo: Linda Mansouri .

Accès aux soins, AME, rendez-vous non honorés, le président du Conseil de l’Ordre des médecins du Gard balaie le spectre de l’actualité.

Voilà 35 ans que Frédéric Jean exerce en tant que médecin généraliste dans le quartier prioritaire le Mas de Mingue à Nîmes. Au fil des années et au gré des plans d’aide, le praticien a été aux premières loges de l’évolution de l’accès aux soins. Les perspectives sont pour le moins inquiétantes.

3 432 médecins sont inscrits au Conseil de l’Ordre des médecins du Gard. Cet organisme privé remplissant une mission de service public veille notamment au respect du code de la déontologie, à l’indépendance des médecins et sanctionne d’éventuels manquements via la chambre disciplinaire.

« La moyenne d’âge nous préoccupe beaucoup »

Parmi les médecins, ceux exerçant la médecine générale dans le Gard sont passés de 632 au 1er janvier 2022 à 591 aujourd’hui. « C’est une pénurie, nous avons perdu environ 40 médecins généralistes en deux ans, c’est important », alarme-t-il.

« La moyenne d’âge de nos confrères nous préoccupe beaucoup », poursuit le Dr Frédéric Jean. Sur les 591 médecins, 55 médecins ont plus de 70 ans, 89 médecins ont entre 65 et 69 ans et enfin 115 médecins ont entre 60 et 64 ans. Une approche différente selon les générations se dessine. « Les jeunes praticiens veulent ménager leur vie professionnelle et leur vie privée », constate-t-il.

Les facteurs sont multiples à l’origine d’une baisse d’attractivité de la profession. A commencer par le tarif de la consultation augmenté d’1,50€ en sept ans selon le président du Conseil de l’Ordre. Il poursuit : « Ce n’est pas viable de rester à ces tarifs, des maisons médicales mutualistes sont en déficit chronique parce que le prix payé pour les consultations ne permet pas de faire face à l’ensemble des charges de fonctionnement de la structure ».

De 7 à 2 médecins sur le quartier Mas de Mingue

 « Nous étions sept médecins au Mas de Mingue, nous ne sommes plus que deux aujourd’hui », constate-t-il amèrement. Faute de successeur, le Dr Frédéric Jean, qui a dépassé l’âge de la retraite, rechigne à rendre le tablier et à « abandonner » sa patientèle qu’il suit depuis longtemps.

La capacité d’enseignement de l’Université et l’accueil dans les hôpitaux méritent de bénéficier de moyens massifs selon le médecin. « La médecine ne s’apprend pas dans les livres, mais à travers les stages et le compagnonnage, cela nécessite des moyens humains importants », juge-t-il. A noter, 13.000 médecins sont formés par an, dix années de formation sont nécessaires.

Recruter des médecins étrangers ?

Certaines collectivités recrutent des médecins à l’étranger pour pallier la désertification médicale sur leur territoire. « On a pu maintenir un peu notre tissu grâce à beaucoup de médecins étrangers dans le Gard », reconnait Frédéric Jean. Reste à assurer l’équivalence des diplômes qui ne « sont pas tout à fait harmonisés » avec ceux hors de l’Union Européenne. Également de « maitriser la langue », nécessité impérieuse.

Quant à contraindre l’installation des jeunes médecins en zones de tension, la mesure n’emporte pas l’adhésion du docteur. « Certains se dirigeraient vers d’autres spécialités comme l’allergologie », envisage-t-il. Les maisons de santé pluriprofessionnelles apparaissent comme une alternative permettant de mutualiser les coûts. Encore faut-il que des solutions pérennes soient apportées face à l’insécurité dans certains quartiers nîmois. Un plan d’action est à mener conjointement avec les pouvoirs publics et les collectivités.

AME : l’Ordre « vent debout » contre une suppression

Quant aux rendez-vous non honorés et non excusés, Frédéric Jean en compte environ cinq par semaine dans son cabinet. Les confrères en ont même « 2 à 3 fois par jour ». Facturer au patient en cas de manquement ? Une option qui mérite d’être étudiée pour permettre de consacrer du temps aux patients qui en ont besoin.

Autre sujet qui a fait couler beaucoup d’encre, l’Ordre des médecins du Gard est « vent debout » contre une suppression de l’AME (Aide médicale d’Etat) ou une restriction de ses conditions d’accès. « Il est absolument hors de question de ne pas prendre en charge les patients pour une raison de couverture assurantielle ou d’opérer un tri », argumente Frédéric Jean.

Le docteur alerte par ailleurs sur les incivilités à l’encontre des praticiens en raison, par exemple, de refus de délivrances de certificat. « C’est une profession qui se féminise de façon importante. Ces agressions conduisent parfois à des désinstallations », précise-t-il. L’Ordre travaille de concert avec le parquet et les services de police et de gendarmerie pour renforcer la sécurité des médecins.

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