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Occitanie : bientôt un RER métropolitain le long du littoral ?

© La Région Occitanie, la Métropole de Montpellier et le Conseil départemental de l’Hérault ont officialisé une candidature pour décrocher le statut de SERM, Services express régionaux métropolitains. Crédit photo : Linda Mansouri .

La Région Occitanie, la Métropole de Montpellier et le Conseil départemental de l’Hérault ont officialisé une candidature pour décrocher le statut de SERM, Services express régionaux métropolitains.

L’exercice est inédit de par le nombre de collectivités réunies au Centre Rabelais de Montpellier, le jeudi 23 mai dernier. « Un consensus dont on a souvent manqué dans la région », note spontanément Philippe Vidal, Vice-président du Conseil départemental de l’Hérault, délégué à l’Aménagement du territoire. Toutes les sensibilités politiques œuvrent ainsi de concert au profit de l’aire urbaine de Montpellier, de l’Hérault et du Gard.

Objectif ? Renforcer les mobilités, l’intermodalité des moyens de transport, afin de connecter les centres urbains aux périphéries. Les « 1ères rencontres des mobilités urbaines et territoires » étaient donc l’occasion de formaliser une candidature officielle. Autour de la table donc, la Région Occitanie, le Département de l’Hérault, la Métropole de Montpellier, quatre Autorités Organisatrices de la Mobilité (AOM) et 9 intercommunalités.

Toulouse et Montpellier en concurrence ?

« Le SERM Montpellier Méditerranée est un projet très original et atypique, souligne Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région en charge des Mobilités. Un projet qui relie plusieurs centres urbains plutôt qu’un lieu unique. Autre particularité, l’articulation « équilibrée » des différents modes de transport : ferroviaire, bus, cars, vélo, covoiturage… Le SERM s’inscrit dans le cadre des Contrats Plan État Région (CPER) d’une enveloppe de 800M sur le territoire national. Le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch livre une confidence. L’Etat s’est engagé à financer 50% des études des SERM de Montpellier et de Toulouse.

La Région Occitanie, la Métropole de Montpellier et le Conseil départemental de l’Hérault ont officialisé une candidature pour décrocher le statut de SERM, Services express régionaux métropolitains. Photo : Linda Mansouri

L’intermodalité des transports au cœur du projet

Le dossier de candidature vise ainsi à obtenir la labellisation de l’Etat. Qui dit label, dit-il automatiquement financements ? Rien n’est moins sûr. Jean-Luc Gibelin le précise, « pas de guerres des territoires entre les deux SERM d’Occitanie ». Il faut dure que Montpellier accuse un retard par rapport à son voisin… Les financements toutefois doivent répondre aux projets ayant le plus de pertinence et répondant à un réel besoin. « Dans ce SERM, certaines choses seront extrêmement compliquées, tel que le déploiement ferroviaire, mais les bus et cars à haut niveau de service seront plus faciles à déployer », indique le préfet de l’Hérault.

73 heures perdues annuellement dans la voiture

L’aire d’attraction de Montpellier, c’est près de 900 000 habitants, soit 73% de la population du département de l’Hérault. Chaque année, cette aire accueille près de 11.000 nouveaux habitants. La voiture étant le mode le plus utilisé pour les différents motifs de déplacement, les effets se font sentir avec 73 heures perdues, annuellement par automobiliste en raison de la congestion en 2023 pour la ville de Montpellier, d’après la dernière étude Tomtom (janvier 2024). Les émissions du trafic routier ont évidemment un impact sur la santé et l’environnement.

montpellier

170 000 déplacements supplémentaire d’ici 2030

170 000 déplacements supplémentaires sont prévus dans l’aire d’attraction de Montpellier d’ici 2030. Le SERM s’établit sur la période 2025-2034, pour favoriser les transports collectifs, diminuer l’empreinte carbone des déplacements, répondre à l’hyper-métropolisation et décongestionner le bassin de vie montpelliérain.

La projet s’appuie sur deux axes ferroviaires, le long du littoral. À l’Est, la branche en direction de Lunel et Nîmes bénéficie du dédoublement avec la ligne grande vitesse. À l’Ouest, dans l’attente de la LGV, le tronçon en direction de Sète, Agde et Béziers figure au palmarès des plus saturés de France. Les autres branches de l’étoile montpelliéraine incluent des propositions de car express à haut niveau de service, en lien avec les projets de contournements de Montpellier et en interconnexion avec les réseaux urbains du Pays de l’Or.

8 trains/jour supplémentaires Montpellier / Nîmes

Parmi les objectifs du SERM : une augmentation des trains régionaux de 24 %, 8 trains/jour supplémentaires Montpellier/ Nîmes et 12 trains/jours supplémentaires Lunel/Sète le week-end et aux heures creuses. Une nouvelle amplitude horaire est à l’ordre du jour : 5h à 23h. Quant au cadencement, il s’agit de passer d’1 train toutes les 10 mn aux heures de pointe (à l’ouverture de la phase 1 de la LNMP). Les Car express passeront de 6h à 22h, avec une fréquence de 10 à 15 mn aux heures de pointe. Le Bustram sera effectif de 5h à minuit avec une fréquence de 10 à 15 mn aux heures de pointe.

Renforcer le lien avec les réseaux urbains

Axe majeur de la mobilité à l’échelle de cet espace littoral, la ligne ferroviaire littorale structure les mobilités sur l’ensemble de l’axe Sète-Montpellier Nîmes. Le SERM doit permettre demain de renforcer cette offre ferroviaire et l’articulation avec les réseaux urbains de 3M (TaM), Sète Agglo (SaMobilité), du Pays de l’Or (Transp’Or), de Lunel Agglo et de Nîmes Métropole (Tango).

Il s’agit de prolonger le potentiel du doublet de ligne ferroviaire Nîmes-Montpellier jusqu’à Sète et Béziers. C’est notamment l’objet du projet de Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP). D’autre part, de développer l’intermodalité autour de cette ligne, avec la création d’une nouvelle « porte d’entrée » de l’agglomération à Villeneuve-lès-Maguelone, ainsi qu’à Saint-Césaire, équivalents au rôle actuel du PEM de Baillargues.

A l’ordre du jour également, le déploiement de nouveaux Pôles d’Échanges Multimodaux (PEM) le long de la ligne et la création de haltes intermédiaires nouvelles au sein de l’agglomération montpelliéraine (halte de Sablassou) permettant d’améliorer l’interconnexion avec le réseau urbain. « On n’est pas incantatoire, notre dossier est extrêmement tangible », conclut Michaël Delafosse, maire de Montpellier. L’arrêté du Ministre des transports pour l’obtention des premiers statuts de SERM sera publié en décembre 2024.

Interview de Jean-Luc Gibelin, vice-président à la Région Occitanie, en charge des Mobilités.
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