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Gard : Yoann Gillet, député RN, « on nous ressort l’affaire des présumés détournements de fonds européens à chaque élection »

© Interview du député Yoann Gillet. Photo : Linda Mansouri.

Le député RN du Gard, Yoann Gillet, se livre au jeu des questions réponses.

InfOccitanie : Marine Le Pen sera jugée à partir du 30 septembre pour des soupçons de détournement de fonds européens. L’affaire réunit 27 prévenus, dont Jean-Marie Le Pen, ou encore le porte-parole du RN, Julien Odoul, que vous aviez invité à Beaucaire. Les magistrats les soupçonnent d’avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un « système de détournement » des enveloppes allouées par l’UE à chaque député pour rémunérer des assistants parlementaires. Un coup dur pour le RN qui prône la moralisation de la vie publique ?

Yoann Gillet : pas du tout, nous sommes très sereins sur ce dossier éminemment politique. C’est une affaire que l’on nous ressort à chaque élection pour tenter de nous nuire politiquement. Nous attendions justement ce procès pour démontrer que les faits reprochés n’ont aucun sens. Un collaborateur a un rôle éminemment politique. Il travaille pour son député et doit être dans sa ligne politique. Nous avons montré aux enquêteurs, par des preuves concrètes, que les collaborateurs ont bien travaillé au service de leur député. C’est un non sujet. D’ailleurs, François Bayrou (président du Modem, ndlr) était au tribunal il y a quelques semaines pour le même motif.

Une étude de l’OCDE révèle que chez tous les Etats membres, la contribution des immigrés sous la forme d’impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation, pour la période 2006-2018. En France, la contribution budgétaire nette des personnes nées à l’étranger est même de 1,02 % du PIB, donc légèrement excédentaire. Que vous inspirent ces chiffres ?

L’immigration dans sa globalité ne rapporte pas, mais coûte à la France. Cela fait des années que l’on nous dit que nous sommes dans la stigmatisation et l’exagération, c’est faux. L’immigration a un coût net pour la France de 50 milliards d’euros par an. Immigration légale, illégale, droit d’asile, tout ça mis bout à bout, cela coûte énormément aux Français, alors même que notre taux de prélèvement obligatoire est un record ! Je rappelle que 5 millions de Français sont en recherche d’emploi. Et puis, plus personne ne peut dire que les cartes de l’immigration et de l’insécurité ne se superposent pas.

Quelles sont vos solutions pour recruter dans les secteurs en pénurie de main d’œuvre : hôtellerie, restauration, agriculture, sécurité, santé ?

Le travail ne paye plus assez. Les agriculteurs ne peuvent pas augmenter les salaires car les charges sont considérables et la concurrence déloyale renforce les difficultés. Il faudrait qu’ils soient exonérés des charges patronales sur les augmentations de salaire. L’immigration légale est trop importante. Cette submersion a des conséquences sur le quotidien des Français et des finances publiques. D’ailleurs 83% des Français souhaitent un referendum sur l’immigration, et 73% estiment que la politique sur l’immigration est trop laxiste, selon l’institut Elab. La France n’a pas vocation à accueillir le monde entier. Les Français n’acceptent plus dans certains quartiers de se sentir en minorité, comme c’est le cas dans de nombreuses villes, y compris à Nîmes.

Vous étiez le seul à représenter le RN au sein de la Commission mixte paritaire qui tranchait de la loi immigration. Les projecteurs vous ont-ils incité à verser dans la caricature pour flatter les plus bas instincts ?

Je dis toujours ce que je pense, je ne suis pas dans la surenchère. J’avais la lourde responsabilité de porter la voix du RN sur un dossier que j’ai énormément travaillé. J’avais conscience de la confiance que m’avait porté Marine Le Pen. C’est un sujet hautement sensible sur lequel les adversaires n’ont de cesse de nous caricaturer. C’est une victoire idéologique, nous avons pu imposer nos idées à travers la CPM. Un certains nombre de députés de la majorité voyaient en ce texte la reconnaissance du programme de Marine Le Pen, et c’est vrai !

Une victoire en demi-teinte, le texte ayant été largement censuré par le Conseil constitutionnel

On savait qu’il y aurait un risque de censure. On connait le mode de nomination du Conseil, qui est éminemment politique puisque c’est le président qui nomme ceux qui y siègent. Depuis le début, nous réclamons un référendum sur l’immigration car le référendum a valeur constitutionnelle.

Auditionné par le Medef, Jordan Bardella s’est dit ouvert à discuter « de règles d’harmonisation communes » concernant « l’union du marché des capitaux » en Europe.  Il y a cinq ans, vous étiez pour la sortie de l’Europe et la sortie de l’euro, et maintenant vous défendez l’union des marchés des capitaux. Fini le programme basé sur la défense du prolétariat qui a subi la désindustrialisation et les délocalisations ?

En réalité, vous vous trompez comme beaucoup de médias. Nous étions pour la sortie de l’UE jusqu’en 2017. Pour une simple raison, la situation était différente. Quand on gagne une partie, on ne sort pas de la table de jeux. Les mouvements souverainistes sont en progression partout en Europe. Nous sommes en capacité de changer les choses de l’intérieur et nous aurons une capacité de blocage pour les textes qui menacent notre souveraineté. Concernant le libre échange, nous sommes pour des clauses miroir au service de nos entreprises françaises.

L’AfD, le parti d’extrême droite allemand, aurait rencontré il y a quelques mois des identitaires proches des milieux néonazis pour préparer un projet d’expulsion de centaines de milliers d’étrangers et d’Allemands d’origine immigrée, selon le média allemand d’investigation Correctiv. Au Parlement européen, les alliés du RN ne sont-ils pas un peu encombrants ?

Les propos ont été niés par l’Afd. Beaucoup de caricatures sont faites, on l’a vu lors du débat entre Jordan Bardella (tête de liste RN aux Européennes, ndlr) et Valérie Hayer (tête de liste Renaissance, ndlr). Un débat largement gagné par Jordan Bardella, tant sur le fond que sur la forme. Valérie Hayer a déjà deux plaintes à son encontre pour avoir relayé de fausses informations.

Le sénateur LR Laurent Burgoa vous a reproché un double jeu lors de la venue à Nîmes de la ministre Sabrina Agresti-Roubache, a l’occasion de la signature du Contrat de sécurité intérieur (CSI). Après avoir suivi la ministre toute la journée, vous avez réagi par voie de presse : « une séance de pure communication et d’autocongratulation déconcertante ». Que lui répondez-vous ?

Laurent Burgoa est un pignouf. C’est un parlementaire qui ne sert strictement à rien, et qui n’a jamais obtenu quoi que ce soit de positif pour les Gardois. Dès l’instant que l’on critique la Macronie, il s’en offusque. Qu’attendez-vous pour rejoindre la majorité présidentielle ?! J’étais présent dans le cadre d’un accueil républicain. Je connais très bien Sabrina Agresti-Roubache et nous avons discuté de ces sujets à de très nombreuse reprises.

Julien Sanchez en position éligible sur la liste menée par Jordan Bardella à l’occasion des européennes. Beaucaire est-elle un tremplin pour des ambitions politiques supérieures ?

Non, c’est une suite logique pour Julien Sanchez qui a refusé d’être député plusieurs fois pour se consacrer à Beaucaire. C’est un maire brillant et très largement plébiscité par les Beaucairois. Jordan Bardella et Marine Le Pen préparent notre accession au pouvoir en 2027. Julien Sanchez a donc accepté de participer au redressement de la France à leurs côtés. Quant à son successeur, Nelson Chaudon, il s’est imposé naturellement. Il se prépare depuis longtemps et a toujours pris avec un grand sérieux ses fonctions. Nous avons toute confiance en lui !

Ambitionnez-vous un fauteuil de maire de Nîmes lors des prochaines municipales ?

Le RN sera fortement investi dans cette campagne municipale. Me concernant, je verrai les choses en temps et en heure. Une chose est sûre, je jouerai un rôle, quoi qu’il en soit…

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