Coralie Gillet habite à Fons-Outre-Gardon dans le Gard. En 2017, elle se lance dans son premier achat immobilier, le bonheur se mêle à l’excitation de ce nouveau projet. En 2018, la désillusion débute. « Avec les premières pluies, je constate que mon jardin s’inonde. Je découvre alors que le fossé d’évacuation des eaux pluviales est obturé, l’eau se déverse chez moi. Je deviens ainsi un bassin de rétention de la commune », décrit-elle désespérée.
« Un deuxième fossé aurait dû être construit ! »
« Lorsque je sollicite les collectivités, les services me disent que je me situe en zone inondable. Bien sûr que je le sais, le ruisseau du Teulon est à proximité de chez moi », poursuit-elle. Selon cette dernière, le problème ne réside pas dans la classification en zone inondable, mais trouve son origine plutôt dans des négligences concernant le fossé. Elle s’explique.
« Le fossé a été obturé par une construction en 1998. Une maison s’est construite sur ce fameux fossé, un fossé secondaire aurai dû être construit pour continuer à écouler les eaux pluviales, selon les préconisations de la DDE (directions départementales de l’Équipement, ndlr) à l’époque« , poursuit Coralie Gillet. La même de constater qu’en 2025, « le fossé est impossible à construire, il traverserait beaucoup de maisons construites entre temps ». Coralie découvre également que sa maison avait déjà été inondée du temps des anciens propriétaires, ce qu’elle ignorait au moment de l’achat.
En procédure depuis 7 ans
Un expert judiciaire mandaté par le tribunal administratif s’est saisi du dossier après la demande de Coralie Gillet qui a entamé une procédure judiciaire il y a 7 ans. « Le tribunal administratif préconise des travaux à effectuer à Nîmes Métropole, car la gestion du réseau pluvial fait partie de leurs compétences. Par ailleurs, le problème ne touche pas uniquement ma maison, mais le quartier. Tout est noté dans le rapport d’expertise », détaille-t-elle.
En plus du jardin régulièrement gorgé d’eau, le rapport d’expertise appuyé par un géomètre expert qui s’est rendu sur sa propriété, pointe selon Coralie, une « possibilité d’avoir de l’eau jusqu’à 67 cm à l’intérieur de la maison ». Coralie Gillet réclame donc « que les travaux préconisés en amont du quartier et sur sa propriété soient mis en œuvre, par le biais notamment des buses comme cela est préconisé dans l’expertise judiciaire ».
Nîmes Métropole réagit
« Il s’agit d’un contentieux déposé au Tribunal administratif début 2024, mais la situation date d’avant la prise de compétence par Nîmes Métropole. Seule la mairie détient l’historique précis de cette affaire », réagit le service presse de Nîmes Métropole.
« Pour information, Mme Gillet a acheté sa maison en 2017, en zone d’aléa fort du PPRI inondation, l’acte notarié mentionnant cet aléa fort au PPRI, ainsi que les précédents sinistres subis par les propriétaires. L’avocat de Nîmes Métropole a produit son mémoire en défense, démontrant l’absence de faute pour Nîmes Métropole. Le dossier est suivi par notre service juridique« , ajoute la collectivité.
Nîmes Métropole de poursuivre : « suite aux fortes pluies la semaine dernière, sur une publication (de Mme Gillet) sur les réseaux sociaux, il apparait un résiduel d’eau dans son jardin, ce qui est tout à fait normal en raison de la pluviométrie de ces derniers jours et de la nature argileuse des terrains qui infiltrent lentement les eaux. Jusqu’à information contraire, Mme Gillet ne souhaite pas recréer de fossé dans son terrain et à part de l’eau dans son jardin et son accès, elle n’a jamais eu d’eau à l’intérieur de son habitation. (A notre connaissance). Nîmes Métropole n’envisage donc aucune action dans l’attente de la conclusion de l’expert et du jugement du Tribunal administratif ».