Le président américain Donald Trump a annoncé ce mercredi 2 avril une série de droits de douane sans précédent. Depuis la Maison Blanche, il a affirmé vouloir mettre fin à des pratiques commerciales jugées « injustes depuis 50 ans ». Ces nouvelles taxes s’appliqueront dès le 5 avril, avec une taxe plancher de 10 % sur toutes les importations. Des hausses ciblées entreront en vigueur le 9 avril : 34 % pour les produits chinois, 20 % pour ceux de l’Union européenne, 24 % pour le Japon, 26 % pour l’Inde et 46 % pour le Vietnam. Cette décision marque une escalade majeure dans la guerre commerciale lancée par Washington.
Des répercussions immédiates en Europe
Ces mesures suscitent l’inquiétude chez les industriels européens. En France, Emmanuel Macron réunira dès ce jeudi les représentants des filières concernées. L’agroalimentaire, l’automobile et le luxe figurent parmi les secteurs les plus exposés. Les entreprises redoutent une baisse brutale de leurs exportations vers les États-Unis et une perte de compétitivité. La tension monte aussi chez les syndicats, qui redoutent des pertes d’emplois.
Cette nouvelle offensive douanière rappelle les politiques protectionnistes des années 1930. L’administration Trump défend une stratégie unilatérale, ignorant les règles de l’OMC. Pour les experts, cette décision pourrait freiner la croissance mondiale, déjà fragilisée. Le Peterson Institute for International Economics évoque une « déclaration de guerre à l’économie mondiale ». La situation pourrait encore s’aggraver en cas de représailles.
L’Europe appelle au dialogue mais prépare la riposte
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé la décision américaine « regrettable » et « injustifiée ». Elle a affirmé que l’Union européenne se tenait prête à réagir avec un paquet de contre-mesures. Toutefois, elle a réaffirmé sa volonté de privilégier la voie diplomatique. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, reste en contact étroit avec Washington pour éviter une rupture totale.