Le site des impôts a été victime d'un piratage massif de données. "Un acteur malveillant a revendiqué des accès illégitimes au système d'information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), intervenus en juin et juillet 2026, reposant sur des usurpations d'identifiants d'un agent de la DGFIP et d'un tiers habilité", est-il expliqué dans un communiqué officiel. "Dès la détection de ces intrusions, la DGFiP a immédiatement interrompu les accès de l'ensemble des comptes utilisés dans les incidents identifiés", poursuit l'administration. Au total, les données de près de 678.000 particuliers et professionnels seraient concernées par cette cyberattaque.
Quels types de données ?
En plus des noms, dates de naissance, numéros de téléphone et adresses (postales et e-mail), le hacker a pu aussi avoir accès au revenu fiscal de référence, au quotient familial ou au taux de prélèvement à la source. Du côté des entreprises, des données telles que leur raison sociale, leur SIREN, des données cadastrales relatives aux adresses et aux surfaces de biens immobiliers ont également été consultées. Dès l'identification de ces vols de données, la DGFIP a dit saisir la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Par ailleurs, une enquête a été ouverte samedi dernier par la section cyber du parquet de Paris. Les sénateurs socialistes ont, quant à eux, réclamé la création d'une commission d'enquête dédiée au piratage de masse. « Les événements intervenus depuis le début de l'année 2026 font apparaître une succession d'incidents qui justifie désormais, me semble-t-il, que le Parlement puisse disposer d'une vision d'ensemble", écrit Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat dans une lettre adressée à Gérard Larcher, samedi 15 août.
Des messages d'information dès ce lundi
L'administration fiscale prendra directement contact avec chacun des particuliers et professionnels concernés dès ce lundi. "Ils recevront une information individuelle par courriel ou courrier précisant les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter", a-t-elle affirmé dans ce communiqué. Le principal risque est le phising ou hameçonnage. Cette technique permet aux hackers de se faire passer, lors d'un appel, dans un mail ou un SMS, pour une institution afin de récupérer les données personnelles ou bancaires des particuliers et in fine leur extorquer de l'argent. Les hackers pourraient mentionner le numéro fiscal de la victime pour rendre l'escroquerie plus crédible. Dans les messages écrits, on retrouve aussi généralement un lien renvoyant vers un faux site imitant à l'identique l'organisme officiel.