Un moment avec Jean-Marc Campello, vice-président de Nîmes Métropole, délégué aux mobilités et infrastructures de transports.
InfOccitanie : pourquoi la gratuité du réseau Tango pour les seniors de 70 ans et plus a-t-elle été mise en place ?
Jean-Marc Campello : Ces personnes ont contribué de manière significative à la société tout au long de leur vie. Par ailleurs, c’est l’âge où se déplacer devient plus difficile, il existe un risque de perte d’autonomie. Faciliter l’accès aux transports leur permet de maintenir une certaine indépendance.
Dans le même temps, les tarifs de bus pour les scolaires connaissent une augmentation à la rentrée de 28 à 55% selon les offres. Le budget des familles n’est-il pas sacrifié ?
Pas du tout. Il faut se rappeler qu’à l’arrivée de Franck Proust à la présidence de Nîmes Métropole, il y a eu une baisse significative du prix des transports. C’était auparavant de l’ordre de 160 € par enfant ! Nous faisons plus d’effort sur le volet solidaire, le pass solidaire passe de 90 à 80€. Je rappelle que les ressources de la billetterie couvrent environ 5% du coût des transports.
Pourquoi ne pas avoir appliqué la gratuité des bus pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans, comme stipulé dans les promesses de campagne de Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes ?
En effet, la promesse de campagne portait sur la gratuité des plus de 65 ans et moins de 78 ans. Toutefois, le Covid, la guerre en Ukraine et l’inflation ont changé la donne. Les charges ont augmenté de plus de 15%, il a fallu ajuster les tarifs à cette réalité, tout en limitant l’impact pour les revenus les plus faibles. Les nouvelles règlementations en matière d’écologie nous conduisent à investir sur le parc. Il vaut mieux un transport choisi que subi. Ce peu de revenus de ticket nous permet de remplacer des bus et cars obsolètes et d’améliorer le réseau pour être en adéquation avec les besoins des usagers.
En vue d’une éventuelle candidature de Franck Proust à la mairie de Nîmes en 2026, cette mesure ne s’apparenterait-elle pas à un argument électoraliste ?
Non, puisque c’était une promesse électorale de Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes. Vous savez, Franck est un homme de terrain, il n’a pas besoin d’appliquer une quelconque mesure de gratuité pour espérer quoi que ce soit. C’est un homme proche de la population et de ses préoccupations.
Avez-vous quelques premiers chiffres sur la mesure de gratuité pour les séniors ?
Cela fonctionne très bien. Plus de 5 500 personnes de plus de 70 ans se sont dotées de la carte transport, contre 1 300 précédemment. Il y a 4 200 nouveaux abonnés. Cette année est un test, on a souvent un mouvement de foule lorsque c’est gratuit. On ajustera l’année prochaine en fonction des retours.
En visite à Nîmes, le maire de Montpellier faisait la promotion de la gratuité totale des transports (notre article ici). Pourquoi n’est-ce pas envisageable à Nîmes Métropole ?
Montpellier Métropole dispose d’un budget beaucoup plus conséquent avec un impôt direct et un versement mobilité des entreprises très dynamique. Nous ne sommes pas dans la même catégorie, notre budget ne le permet pas ! Plutôt que la gratuité, nous avons choisi d’investir fortement dans l’aménagement des voies et du TCSP (Transport en Commun en Site Propre, ndlr), pour la transition énergétique et en modernisant le réseau. La gratuité n’existe pas, le transport public coûte à Nîmes Métropole.
Suppression totale des bus diesel d’ici 2030 du matériel roulant, quelle feuille de route ?
Notre objectif est d’atteindre d’ici 2030 un parc comprenant 86% de véhicules exploités en motorisation alternative, avec un mix de bus électriques et fonctionnant au bio GNV (gaz naturel, ndlr). Cette mesure sera mise en place dès 2025, les bus en diesel vont passer en bio carburant, l’avitaillement sera fait chez nous. La transition du parc permettra une baisse de plus de 30% des émissions de CO2 d’ici 2030.
Quels dispositifs pour améliorer la desserte des communes de Leins Gardonnenque ?
Nous avons déjà aménagé les PEM (pôle d’échanges multimodal, ndlr) sur ce territoire un peu détaché de l’Agglo, en gare de Fons et Saint-Geniès-de-Malgoirès. Nous travaillons sur celle de Boucoiran-et-Nozières avec l’Agglo d’Alès. Il faut s’appuyer sur le train plus performant et concurrentiel que la voiture. L’idée est de venir en voiture ou vélo, et de prendre le train ou le vélo jusqu’à Nîmes. Nous allons développer des pistes cyclables entre Fons et Saint-Mamert-du-Gard et entre La Rouvière et Saint-Génies-de-Malgoirès, en lien avec le Département. Sans compter le service à la demande ‘Allo bus’ en Gardonnenque.
Police des transports, où en est-on ?
Douze agents étaient promis après les JO par l’ancien gouvernement afin de patrouiller dans nos transports en commun. Ils devraient être chez nous courant 2025. Nous attendons un retour. Au regard du nouveau gouvernement formé, nous espérons que ce ne soit pas mis en péril ou retardé !