Montpellier : procès pour tentative de meurtre, 13 ans de réclusion criminelle

Dernier jour du procès pour tentative de meurtre. Le verdict est tombé : l'accusé a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle.
© Photo d’illustration – Tribunal.

Ce mercredi, après la clôture des débats, la matinée a été consacrée aux plaidoiries des avocats. Le 27 juin 2023, Sofiane* est visé par des tirs, « pour lui prendre ce qu’il avait de plus cher : sa vie ». Me Majid Diab, avocat de la partie civile, ouvre les plaidoiries de « ce dossier d’une brutalité limpide ».  Il pose d’emblée la question centrale qui a été soumise aux magistrats et au jury : Farid* avait-il l’intention de tuer ? La question de l’intention homicide est alors au centre de sa plaidoirie. « C’est au moment où mon client s’est enfui de la galerie après la bagarre que l’accusé a eu l’intention de tuer », estime-t-il. C’est à ce moment que Farid a avoué avoir « vu rouge », selon ses propres termes.

« Mon client a lutté pour sa survie »

L’avocat revient ensuite sur l’origine du conflit entre les deux hommes, liée à une affaire de narcotrafic dans laquelle ils ont tous deux été condamnés en 2020. Depuis, « ils sont liés malgré eux », notamment en raison d’une amende douanière prononcée à leur encontre, pour laquelle ils sont solidairement responsables. Il s’attarde ensuite sur le moment charnière de la scène : lorsque l’accusé se dirige vers sa voiture. Selon Farid*, il s’agissait d’aller chercher des chaussures ; selon Sofiane*, de récupérer une arme. « C’est le point de bascule », insiste Me Diab, estimant que c’est à cet instant que le rapport de force change entre les protagonistes.

« Mon client a lutté pour sa survie », plaide l’avocat, estimant que la puissance du tir était telle que le fait de mettre la main lui aurait sauvé la vie. « Au moment où il est arrivé à l’hôpital, on ne savait pas s’il allait sortir dans un cercueil ou s’il allait sortir en vie », poursuit-il, avant de rappeler la gravité des faits : « un homme a sorti une arme devant du monde, devant des enfants et a tiré à plusieurs reprises ».

15 ans de réclusion criminelle requis par l’avocat général

Puis l’avocat général prend la parole et recentre à son tour les débats sur la même question : « Est-ce que, le 27 juin 2023, Farid a voulu tuer Sofiane ? Oui », affirme-t-il d’emblée. Pour étayer cette position, il s’appuie sur plusieurs éléments du dossier, notamment les images de vidéosurveillance, les constatations balistiques et les conclusions de la médecine légale. « On a une succession d’actions montrant une volonté homicide, une intention criminelle qui se poursuit », développe-t-il. Estimant que la tentative de meurtre est pleinement constituée, l’avocat général requiert une peine de 15 ans de réclusion criminelle.

La défense, représentée par Me Vincent Palies, concentre elle aussi sa plaidoirie sur la question de l’intention homicide. Il invite également la cour à s’interroger sur le sens et l’utilité de la peine, en mettant en avant la question de sa durée. « Il ne faut pas arriver à un point de bascule, où la peine devient contreproductive. La prison deviendrait alors désocialisante et accentuerait le risque de récidive », plaide-t-il.

Selon lui, son client s’est heurté, tout au long des débats, à des difficultés d’expression qui ont pu nuire à la compréhension de ses explications, parfois jugées confuses ou contradictoires. L’expertise psychologique évoquait d’ailleurs une « pauvreté de narration » chez l’accusé. Elle met également en avant une baisse de confiance en soi et un sentiment d’insécurité, expliquant notamment une méfiance constante, Farid disant sortir, selon ses déclarations, soit accompagné de son chien, soit armé.

Demande de requalification en violences volontaires avec arme

« Ici, un contexte judiciaire [l’affaire de narcotrafic de 2020, ndlr] amène à un contexte psychologique qui mène aux faits », insiste Me Palies, avant de rappeler aux jurés, pour caractériser la tentative de meurtre, ils doivent être convaincus que son client avait l’intention de tuer. À défaut, le doute doit lui profiter. La défense sollicite ainsi la requalification des faits en violences volontaires avec arme et, le cas échéant, demande une réévaluation à la baisse de la peine requise par l’avocat général.

Le verdict est tombé. Après plusieurs heures de délibérations, magistrats et jury populaire ont rendu leur décision. Farid est reconnu coupable de tentative de meurtre. Il est condamné à 13 ans de réclusion criminelle.

*Prénoms d’emprunt

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