« Maintenant, je survis (…). Pardonner à cet individu, je ne pourrais pas », déclare Nadia, la mère d’Elias à la barre. Ce jeudi signait la dernière journée du procès de Samir F. accusé du meurtre par balle d’Elias B., 20 ans à Montpellier. Une journée marquée par les auditions des parties civiles. Un à un, les proches de la victime se sont succédé pour témoigner de leur peine.
« J’ai essayé de lui faire du bouche à bouche pour sortir de ce cauchemar »
« Le 22 juin 2020, ma vie a été bouleversée. Depuis six ans, je pleure quand je suis toute seule dans ma chambre. Aujourd’hui, je ne suis pas là pour pleurer. Je veux qu’il ait la punition qu’il mérite », débute Farah, la soeur de la victime. Puis, Nadia, la mère de la victime, s’approche de la barre. « Je ne pourrais jamais accompagner mon fils à la mairie. Je ne pourrais jamais rencontrer mes petits-enfants », déclare-t-elle sous les sanglots qui éclatent dans la salle. « Maintenant, je survis (…). Pardonner à cet individu, je ne pourrais pas. Il m’a détruite moi, ma fille et son père ». Puis, Abdelkader, le père d’Elias, s’est approché pour se confier sur son fils à la manière d’un père triste et en colère. « J’ai vu la dépouille de mon fils avec un tuyau dans la bouche (…). J’ai essayé de lui faire du bouche à bouche pour sortir de ce cauchemar », confie-t-il, puis s’adresse avec virulence à l’accusé avant d’être repris par le président. « Désolé, je me contiens. Je vis et j’avance avec des souvenirs ». Puis, des photos de la victime et de sa famille ont défile sur l’écran, de sa naissance jusqu’à son décès. « Il aurait dû faire 27 ans ce dimanche », glisse sa mère tandis que l’émotion et la tristesse envahissent la salle.
Place maintenant aux plaidoiries. « Ce 22 juin 2020, à 3h55, le coeur d’Elias a cessé de battre. Puis, la cité Saint-Martin a été plongée dans le silence, la fuite et la lâcheté », débute Me Mousset, avocat des parties civiles, avant de parler de Samir qu’il nomme « l’absent, le fuyard, le lâche ». « En confirmant que Samir a volontairement donné la mort à Elias, vous rendrez justice. Et vous rendrez un peu d’honneur à sa famille », conclut-il à l’issue d’une plaidoirie d’une trentaine de minutes.
« Ce que vous avez à juger n’est pas un meurtre mais une exécution »
« Ce que vous avez à juger n’est pas un meurtre mais une exécution », annonce l’avocat général avant d’affirmer que la légitime défense ne peut pas être retenue, rien ne permettant de démontrer que le père de l’accusé se trouvait dans un danger imminent. « C’est bien une exécution quand quelqu’un est à terre et qu’on tire vers lui. On cherche à tuer quelqu’un qui est sans défense (…). Cela signe l’intention criminelle », poursuit-il avant de requérir 30 ans de réclusion criminelle.
Condamné à 25 ans de réclusion criminelle
La défense, quant à elle, n’a pas souhaité plaider. « Je ne prendrai pas la parole monsieur le président », annonce Me Harir. Toute la journée, l’avocat était présent mais est resté silencieux pour manifester son désaccord avec le déroulé de l’audience, dont des interruptions répétées, plusieurs de leurs questions ayant été jugées « redondantes » par le président. Verdict. Reconnu coupable de meurtre, Samir F. est condamné à 25 ans de réclusion criminelle. La défense annonce vouloir faire appel.