Montpellier : « Mon casier judiciaire est vierge », une mère expulsée interpelle la mairie

Le parvis de la mairie de Montpellier a été le théâtre d'une délicate affaire entre une ancienne locataire et un bailleur social. La mère et ses trois enfants sont à ce jour sans logement.
© Linda Mansouri / infOccitanie. Samira Ameur devant la mairie de Montpellier. .

« Mon casier judiciaire est vierge. Venez avec moi, je vous le montre, il est dans mon sac », insiste Samira Ameur ce mercredi 7 janvier, devant l’hôtel de ville de Montpellier. Depuis plusieurs mois, cette Montpelliéraine n’a plus de solution d’hébergement pour elle et ses trois enfants de 3, 15 et 21 ans. « Je dors dans ma voiture, ou bien je réussis à trouver des endroits chauds. J’ai peur pour mes enfants, mon fils scolarisé est totalement déboussolé », alarme-t-elle.

Samira Ameur devant la mairie de Montpellier ce 7 janvier. photo : Linda Mansouri

Rassemblement devant la mairie

Soutenue par plusieurs associations, cette mère de famille a tenu à interpeller la mairie et l’opinion publique afin de débloquer la situation et in fine obtenir un logement d’urgence. Bien qu’elle n’ait jamais été condamnée, le bailleur social ACM Habitat refuse de la reloger, invoquant un trouble à l’ordre public lié notamment aux faits de trafic de stupéfiants de son ancien compagnon.

Samira Ameur (deuxième en partant de la droite), soutenue par plusieurs associations, devant la mairie de Montpellier ce mercredi 7 janvier. Linda Mansouri / infOccitanie.

Trois enfants de 3, 15 et 21 ans

Samira Ameur vivait dans un appartement d’une résidence dans le quartier de la Pompignane, gérée par ACM Habitat. Deux mois après la naissance de son dernier fils, en 2022, le père de l’enfant a été interpellé pour trafic de stupéfiants. “Au moment de son arrestation, il n’habitait plus avec moi, affirme Samira Ameur. Je n’ai jamais été en garde à vue, je n’ai jamais commis un délit de ma vie. Avec le père de mon enfant, nous nous sommes séparés. Il a mené sa vie, a été condamné, il en paye les conséquences. Je suis une victime collatérale », estime-t-elle.

“Trouble manifeste à l’ordre public“

Considérant qu’il existe un “trouble manifeste à l’ordre public“, ACM Habitat a engagé une procédure judiciaire. Le 14 mai 2025, le tribunal judiciaire de Montpellier a ordonné à Samira de quitter les lieux. “Le jugement du tribunal correctionnel du 5 avril 2023 met en lumière des faits de trafic de stupéfiants en lien direct avec le domicile de Madame Ameur“, explique Alain Braun, directeur général d’ACM Habitat, citant le jugement de mai 2025, dans les colonnes de Hérault Tribune.

Des témoignages faisant état de « nuisances »

Monsieur X n’est pas marié avec madame et n’est pas co-titulaire du bail, il n’en demeure pas moins que ce dernier réside bien au domicile de madame au moment des faits”, précise Alain Braun dans le même média, ajoutant que des « agissements ont troublé la tranquillité et la sécurité des autres habitants”. Le bailleur social s’appuie également sur des témoignages de riverains, informant de nuisances et d’intimidations. “Elle est responsable des personnes qu’elle héberge. Ces faits constituent un manquement grave aux obligations du bail“, ajoute Alain Braun dans Hérault Tribune.

Samira dénonce des « propos calomnieux et diffamatoires »

Samira Ameur nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. « Environ quinze voisins ont témoigné en ma faveur, en disant que j’étais une bonne voisine et une bonne maman, que les enfants étaient polis. Trois témoignages ont été calomnieux et diffamatoires. On a dit également que je tirais à la kalashnikov. Je ne sais même pas me servir d’une arme ! », éructe Samira Ameur. Depuis que l’affaire a éclaté, « je me fais insulter de sale harki dans la rue, on me dit de retourner dans mon pays. Mes enfants se font insulter. Je ne peux pas le tolérer, mes grands-parents ont combattu pour la France, je suis une citoyenne française, mes enfants sont nés en France », clarifie-t-elle.

Plusieurs mails envoyés à la Ville

Nasser Nouali, président de l’association Les Harkis et la République, présent ce jour, indique avoir contacté la mairie. « Au bout du troisième mail, le cabinet a répondu, il n’y aura pas de dialogue. On ne conteste pas la décision de justice, on demande juste de trouver une solution pour la sécurité des enfants », appelle-t-il de ses voeux.

Patricia Bessiere, présidente de l’association Sécurité et défense des citoyens, apporte également son soutien : « Samira a toujours été là pour éduquer ses enfants, elle n’a aucune relation avec un quelconque trafic ». Munie de son mégaphone, elle scande à l’adresse du maire : « à ce moment-là monsieur Delafosse, si vous voulez virer tous les gens qui font du trafic soi-disant, vous vous en prenez à une femme avec trois enfants, il faut que vous viriez tout Montpellier ! ». Vidéo ci-dessous de son intervention :

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