Fin du suspense. L’homme d’affaires et président du club de rugby montpelliérain MHR est sorti du bois. Après une première réunion publique il y a quelques jours ayant donné le ton, le voilà qui remet le couvert au Dieze Warehouse, avenue du Marché-gare ce jeudi. Rien n’a été laissé au hasard, ballons de baudruche, sono électrisante, haie d’honneur, jeunesse sur la scène… La salle est pleine à craquer avec environ 500 personnes, des badauds restent debout scrutant de loin le désormais candidat aux municipales : Mohed Altrad.

Alea jacta est
Au premier rang, plusieurs personnalités : Patricia Mirallès, l’ex-secrétaire d’État aux Anciens combattants, le sénateur et ancien maire de Castelnau-le-Lez Jean-Pierre Grand, Stéphanie Janin élue du groupe Alliance progressiste, ancienne première adjointe de Philippe Saurel, ou Jean-François Audrin, délégué Horizons Hérault.
Le deuxième essai
En 2020, Mohed Altrad avait obtenu 13,30%, accédant au second tour. Son alliance avec Alenka Doulain, Clothilde Ollier et Remi Gaillard avait décroché 18,12% au second tour. La 20e fortune française professionnelle à la tête de l’empire industriel éponyme dit avoir « appris de ses erreurs » et entend bien instaurer l’alternance. « Montpellier n’a pas besoin de politiciens en plus », assène-t-il tout en étrillant le PS.
« J’ai pris une décision importante, lourde, mais nécessaire. A un moment où beaucoup choisissent le confort, j’ai choisi le combat », dégaine-t-il. Salim Jawhari chauffe la salle en amont, s’adonne à des envolées lyriques. Le président de la commission des finances à la Ville et expert-comptable de profession convoque les chiffres, le coût « faramineux » des arbres sur la Comédie ou le niveau d’endettement à la Ville et à la Métropole. Applaudissements nourris de la salle.

« Montpellier n’a pas besoin d’un politicien de plus
Sur le fait que Mohed Altrad n’ait jamais siégé au conseil municipal bien qu’élu, Salim Jawhari justifie : « Avant chaque conseil, Mohed Altrad était présent avec nous et on définissait la stratégie à prendre au sein du groupe ». Il loue les qualités d’un homme d’action qui « pendant que certains faisaient de la politique politicienne, lui agissait avec 30 000 emplois créés en cinq ans dans son groupe mondial montpelliérain ». « Montpellier a besoin d’un bâtisseur », lance Mohed Altrad, fustigeant un « système qui protège les siens, distribue les postes et les privilèges pendant que la ville s’appauvrit ».
Transport et cantine scolaire gratuits
Quelques lignes programmatiques sont dévoilées. Outre les transports gratuits, la cantine scolaire le sera également pour tous, sans conditions de ressources. Quant aux personnes qui vivent dans un logement social depuis 15 ans, elles pourront en devenir propriétaires si elles le désirent. « Le parc de logements sociaux sera doublé. Le logement ne doit pas être une prison, mais doit devenir un tremplin », estime l’homme d’affaires.
Ses indemnités reversées à des associations
Mohed Altrad dit vouloir faire de Montpellier une ville « zéro chômeur », en créant 30.000 emplois en cinq ans. Les indemnités de maire ? Il dit n’en vouloir aucune et les reverser en intégralité à des associations locales. « Je ne viens pas pour me servir, mais pour servir », dégoupille le candidat.
CSR abandonné, 30 000 emplois en cinq ans
S’il est élu, le nombre de policiers municipaux sera multiplié par deux et il y aura un couvre-feu pour les moins de 16 ans non accompagnés, « pas pour punir, mais pour protéger ». Le projet de chaudière CSR pour le traitement des déchets, qui cristallise les tensions et a valu le divorce avec les écologistes de la majorité, sera abandonné, car « la santé des Montpelliérains ne se négocie pas ». Sur le volet de la fiscalité, aucune hausse d’impôt ne sera appliquée. Un « plan anti bouchon » sera mis en place ainsi qu’une « brigade municipale de propreté et de végétalisation ». Dont acte.

