À Montpellier cette année, un anniversaire raconte bien plus qu’une simple date : celui des 80 ans du lycée Turgot (La Mosson), un établissement qui a accompagné des générations entières au cœur de métiers déjà essentiels à l’époque. Retour en 1946. À l’origine, l’école s’installe dans une villa de l’avenue Chancel. On y forme alors de jeunes filles à des savoir-faire domestiques et professionnels. « C’était déjà une forme d’émancipation », analyse sa directrice, Mathilde Pratviel.

80 ans du lycée Turgot à La Mosson
Au fil des décennies, « Turgot » change d’adresse, de visage, de formations. Mais une constante demeure : répondre aux besoins de la société. Aujourd’hui, le lycée est ancré dans les secteurs du sanitaire et du social, en lien direct avec le territoire montpelliérain. « Nous sommes passés d’une école d’apprentissage domestique à un lycée qui prépare aux métiers essentiels du lien humain », résume Mathilde Pratviel. Derrière cette évolution, il y a surtout des trajectoires individuelles. Des élèves parfois en doute, qui trouvent ici un cadre et une direction. « Notre rôle était d’abord de leur redonner confiance », confie une ancienne enseignante. Une attention qui marque durablement : certains anciens élèves y inscrivent désormais leurs enfants.

Secteurs du sanitaire et du social
Avec ses effectifs à taille humaine, Turgot cultive une identité particulière. « Nous sommes l’un des seuls lycées associatifs sous contrat laïc dans le domaine du sanitaire et social. Nous aimons dire que nous sommes un petit village gaulois dans l’enseignement privé », sourit la direction. Une formule qui traduit un attachement à une certaine indépendance d’esprit, mais aussi à une pédagogie fondée sur l’écoute et la proximité.

En lien avec les acteurs locaux : hôpitaux, structures sociales, associations
Ici, l’accompagnement dépasse le cadre scolaire : il s’agit autant de former des professionnels que de construire des personnes. Dans une époque où les métiers du soin, de l’accompagnement et du social peinent à recruter, cette mission prend une résonance particulière. « Former ces professionnels, c’est répondre à un enjeu majeur de société », insiste la direction. Le lycée travaille d’ailleurs en lien étroit avec les acteurs locaux (hôpitaux, structures sociales, associations) pour confronter très tôt les élèves à la réalité du terrain.

« À Turgot, aucun élève n’est réduit à son dossier scolaire. Notre rôle était en priorité de leur redonner confiance en tant que personne et de les aider à bâtir un projet professionnel avec du sens », explique Hélène Deviller Fabre, une ancienne enseignante aujourd’hui à la retraite. À 80 ans, Turgot regarde son histoire sans nostalgie. Nouvelles formations, développement de l’apprentissage, projets à venir : l’établissement continue d’évoluer, fidèle à son cap.