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Incendie de Gabian : à Béziers, d’anciens responsables du SDIS 34 jugés après le décès de Jérémy Beier, pompier mort au feu en 2016

Neuf ans après l’incendie mortel de Gabian, cinq ex-responsables du SDIS 34 sont jugés pour homicide et blessures involontaires.
Gabian : le procès de l’incendie qui a coûté la vie à un pompier débute à Béziers
© Gabian : le procès de l’incendie qui a coûté la vie à un pompier débute à Béziers.

Près de neuf ans après la mort tragique de Jérémy Beier, jeune pompier de 24 ans, la justice se penche de nouveau sur les circonstances de l’incendie de Gabian, survenu le 10 août 2016 dans l’Hérault. Ce lundi 24 mars 2025, le tribunal correctionnel de Béziers ouvre un procès très attendu. Cinq gradés du Service départemental d’incendie et de secours, le SDIS 34, dont le directeur de l’époque, Christophe Risdorfer, devront répondre d’homicide et de blessures involontaires.

Rappel des faits : Ce jour-là, le 10 août, par une chaleur accablante et en pleine période de risque incendie très sévère, un mégot de cigarette déclenche un violent feu de forêt le long de la RD13, à Gabian, au nord de Béziers dans le coeur du département. L’incendie prend rapidement en intensité, piégeant un CCF, un camion d’intervention de lutte contre les feux de végétation, et ses occupants. Le bilan s’est révélé dramatique : quatre pompiers grièvement brûlés, dont Jérémy Beier, décédé des suites de ses blessures près d’un mois après l’incendie.

En janvier 2017, une enquête interne a révélé de graves dysfonctionnements dans la chaîne de commandement, ainsi que des défaillances du matériel utilisé. Au cœur des débats à venir : le possible dysfonctionnement du véhicule dans lequel se trouvaient les pompiers pris au piège.

Normalement, ce type de véhicule dispose de systèmes de sécurité et d’auto protection capables de projeter un rideau d’eau tout autour pour créer une bulle de protection à l’intérieur du camion pendant quelques minutes. La cabine, conçue pour être hermétique, devait garantir un air respirable à l’intérieur. Pourtant, ce jour-là, ces dispositifs n’ont pas fonctionné. La radio ne répondait plus, plongeant les pompiers dans une situation critique. Face à l’ampleur des flammes et privés de moyens de communication, les quatre pompiers n’ont eu d’autre choix que de quitter le véhicule pour tenter de sauver leur vie.

Les audiences débuteront le 24 mars 2025 et se poursuivront jusqu’au 27 mars. Si certains témoins n’ont pas le temps de s’exprimer, le tribunal pourrait prolonger les débats d’une journée supplémentaire.

L’enquête judiciaire a duré plusieurs années. À son terme, le juge d’instruction a prononcé un non-lieu pour le SDIS en tant que personne morale, ainsi que pour plusieurs officiers initialement mis en examen. Pour rappel, un non-lieu signifie que les éléments recueillis ne permettent pas de poursuivre l’action pénale.

Le procès, qui devrait s’étaler sur plusieurs jours, représente une étape essentielle pour les familles des victimes. Les proches de Jérémy Beier et les trois pompiers survivants attendent des réponses sur d’éventuelles fautes de commandement, des erreurs humaines ou des défaillances techniques.

De son côté, le SDIS 34 affirme dans un communiqué de presse avoir pleinement coopéré avec la justice depuis le début de l’enquête. Il reste à l’écoute des familles endeuillées tout en s’engageant à ne faire aucun commentaire public pendant la durée du procès. Ce moment judiciaire s’annonce chargé d’émotion et de tensions. Il vise à faire toute la lumière sur un drame qui a profondément marqué la mémoire collective des sapeurs-pompiers de l’Hérault.

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