Hérault : « des articles à charge », les ostréiculteurs répondent à Midi Libre

Les ostréiculteurs du bassin de Thau ont mis le feu devant le siège de Midi Libre dans l'Hérault.
© Photo d’illustration CANVA.

Lundi 5 janvier, une cinquantaine d’ostréiculteurs de l’étang de Thau ont manifesté leur mécontentement devant les grilles du siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas, aux alentours de 19h15. Selon Midi Libre, ces derniers ont mis le feu à des palettes et des pneus (notre article).

Une cinquantaine d’ostréiculteurs de l’étang de Thau

Les flammes ont très rapidement endommagé le portail du site, selon le média. Derrière les grilles, les manifestants ont « insulté les journalistes et les personnels présents », leur reprochant « le traitement médiatique de la crise sanitaire qu’ils traversent et les menaçant de représailles », indique Midi Libre. Les ostréiculteurs ont finalement été délogés par la police vers 23h30. 

Pour rappel, après les intempéries du mois de décembre, la vente de coquillages du bassin de Thau a été interdite par la préfecture de l’Hérault le 30 décembre. Toutes les huitres et moules récoltées avant le 19 décembre sont immangeables. Une décision difficile économiquement pour la filière, prise la veille du réveillon du Nouvel An.

Olivier Marino, directeur de la rédaction, condamne fermement ces agissements : 

« Hier soir, au siège de Midi Libre, la violence et la stupidité ont franchi un nouveau cap. Une cinquantaine d’individus ont tenté d’assiéger notre journal. Des flammes devant nos portes, des morceaux de verre projetés, des collaborateurs insultés et menacés. Ils ont dû être délogés de force par les gendarmes après plusieurs heures de blocage.

Leur grief ? L’exactitude des faits, le respect du contradictoire. Leur cible ? Non pas un bâtiment, mais une atteinte injustifiable à la liberté de la presse. Rappeler l’interdiction sanitaire de consommer des huîtres du bassin de Thau n’est pas une opinion, c’est un devoir d’information et de santé publique.

Que cherchent ces agresseurs en s’en prenant à notre journal ? Brûler une vérité qui les dérange ? Ce climat de haine, alimenté par ceux qui désignent la presse comme le bouc émissaire de leurs propres turpitudes, est devenu intolérable. Il est d’autant plus aberrant que nos rédactions se battent tous les jours pour défendre la cause de nos territoires et de ceux qui les font vivre. Hier, des agriculteurs.

Aujourd’hui, des ostréiculteurs. À quoi devons-nous nous attendre demain ? Au passage à tabac d’un journaliste pour une information qui « déplaît » ? Nous tenons à l’affirmer haut et fort : Midi Libre ne cédera rien. Informer n’est pas une option, c’est un rempart démocratique qui doit être plus que jamais soutenu, protégé et défendu par le plus grand nombre ».

Patrice Lafont, président du Comité régional conchylicole de Méditerranée, dénonce des « articles à charge » :

« Hier soir, ça n’est pas une ‘atteinte à la liberté de la presse’ qui s’est déroulée, comme l’affirme le PDG de notre canard local, mais bien de la dénonciation d’une mauvaise presse systématique à l’égard de notre filière. Les conchyliculteurs que je suis allé rencontrer ne remettent nullement en cause la protection des consommateurs ni le nécessaire ‘relais des interdictions sanitaires’.

Ce qui est dénoncé, ce sont les articles marronniers à charge, diffusés lors de la fermeture que nous subissons, et qui nous stigmatisent injustement. Comment peut-on se revendiquer ‘défenseur de la cause des territoires et de ceux qui les font vivre’, organiser le Salon des agricultures méditerranéennes sur le bassin de Thau, sans avoir creusé le sujet de cette fermeture ? Sans se poser d’autres questions, dans une logique de diversité des points de vue ? Sans proposer, en complément des articles anxiogènes qui font vendre, des sujets de fond permettant de comprendre notre mal-être collectif ? Par exemple, rappeler qu’aucun coquillage n’a été mis sur le marché par les conchyliculteurs en sachant qu’il était contaminé, s’interroger sur les raisons qui nous ont conduits à cette situation, investiguer sur ce qui a été fait, et sur ce qu’il reste à faire (…)

Mais sans doute est-il plus simple de relayer des messages anxiogènes ? Cette situation illustre, une fois de plus, la différence entre information et buzz. Il est évidemment plus facile d’écrire « comment un repas de Noël a terrassé toute une famille » ou « j’ai vraiment morflé », plutôt que « avec les restrictions en cours, comment bien choisir ses coquillages pour le réveillon » ou encore « comment la filière et les acteurs du territoire œuvrent au quotidien pour garantir un produit de qualité ».

(…) Aujourd’hui, et selon nous, en raison de certains articles particulièrement approximatifs, nous sommes devenus les seuls responsables et coupables désignés. C’est précisément pour cette raison que j’ai déposé hier une plainte pour ‘mise en danger des consommateurs’ et ‘contamination du milieu’, afin qu’un travail d’investigation judiciaire soit mené. Nous ne lâcherons rien pour identifier les causes de cette fermeture dévastatrice et faire toute la lumière sur l’origine des contaminations et de chaque intoxication signalée. Nous nous réunissons d’ailleurs aujourd’hui en préfecture avec les véritables acteurs du territoire, pour faire face à la crise que nous traversons et travailler collectivement, aujourd’hui plus que jamais, à la protection de la lagune, des consommateurs et de nos entreprises. »

Prévisions météo Hérault

Consultez notre carte et les prévisions de votre ville.
À Montpellier et partout dans l'Hérault (34).

MA MÉTÉO
update FIL INFO 24/7

L'app InfOccitanie

Restez connectés

OBTENIR