La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, est présente ce mardi 24 février au Salon international de l’agriculture à Paris 2026. A la veille de ce rendez-vous incontournable, marqué toutefois par l’absence de bovins, la présidente de Régions de France publie une lettre ouverte, balayant ainsi les défis à venir en la matière :
« Depuis 2016, j’ai fait un choix clair : faire de l’agriculture une priorité politique majeure. Nous avons plus que doublé le budget qui lui est consacré et investi 1,63 milliard d’euros, dont 750 millions d’euros de fonds européens, en dix ans. L’Occitanie est aujourd’hui la Région française qui investit le plus pour son agriculture.
« Je connais bien le monde paysan »
Cet engagement est indispensable. Je connais bien le monde paysan…Depuis plusieurs années, je rencontre des agriculteurs fatigués, parfois découragés et en colère, qui ont le sentiment de devoir encaisser crise après crise sans jamais souffler : dérèglement climatique, maladies animales, marchés instables, hausse des charges, des normes, des transpositions, etc. Trop souvent, on leur demande de changer, de s’adapter toujours plus vite, sans leur donner les sécurités nécessaires.
« L’Occitanie est la Région française qui investit le plus pour son agriculture »
Je refuse que celles et ceux qui nous nourrissent deviennent les oubliés d’un système qui exige beaucoup et protège trop peu. À chaque crise, la Région a toujours répondu présente. Encore récemment, en décembre dernier, lors de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse : nous avons débloqué une aide d’urgence à la reconstitution des cheptels, activé notre garantie d’emprunt pour soutenir la trésorerie des éleveurs, encouragé les banques à mettre en place des dispositifs exceptionnels.
J’ai interpellé le Premier ministre pour qu’un dialogue réel s’ouvre avec la profession. Nous continuerons à agir, avec la même détermination. Les viticulteurs, pêcheurs et conchyliculteurs savent eux aussi pouvoir compter sur l’engagement constant de La Région Occitanie pour défendre leurs filières, accompagner les transitions et préserver des savoir-faire qui font l’identité plurielle de l’Occitanie.
« J’ai interpellé le Premier ministre »
Mais au-delà de l’urgence, il nous faut un cap. Je défends un modèle agricole qui concilie écologie et économie. Je ne crois ni à l’agriculture punitive ni à l’agriculture hors-sol. Je crois à une agriculture qui produit, qui innove et qui permet de vivre dignement de son travail. L’Occitanie a des atouts immenses : diversité des filières, richesse des terroirs, capacité d’innovation, etc. Je vois chaque jour la résilience et la combativité de nos agriculteurs.
« C’est le sens du Pacte pour la souveraineté alimentaire »
À chaque épreuve, ils se relèvent. Le Salon International de l’Agriculture est un moment essentiel de reconnaissance et de dialogue. Cette édition revêt une dimension particulière, dans un contexte marqué par les crises sanitaires, sans les bovins. Plus que jamais, il est important d’être là, aux côtés des professionnels, pour témoigner de notre soutien, porter la voix de nos territoires et préparer l’avenir.
« L’État et l’Europe doivent prendre leurs responsabilités »
C’est le sens du Pacte pour la souveraineté alimentaire – Produire pour nourrir sainement que nous élaborons avec les professionnels et les citoyens et qui sera adopté à l’été 2026. Il fixera une ambition claire : structurer nos filières, sécuriser les revenus et renforcer la valeur ajoutée sur nos territoires. Ce travail collectif mené en Occitanie doit participer à un nouveau projet agricole plus large pour la France qu’attendent nos agriculteurs, nos viticulteurs, nos pêcheurs et qui ne peut être une énième loi d’urgence.
Car, je le réaffirme, l’État et l’Europe doivent prendre leurs responsabilités. La PAC doit garantir des revenus et protéger réellement nos producteurs face aux distorsions de concurrence. La souveraineté alimentaire ne peut pas être un slogan : elle exige des actes, de la cohérence et du courage politique. Pour ma part, je continuerai à me battre pour redonner un espoir à ce monde paysan qui aime sa terre, son métier et qui travaille dur, chaque jour, pour nous nourrir ».