"Même les images de drones ne rendent pas compte de la gravité de l'état de notre village". Une scène de "désolation", un cataclysme, un traumatisme psychologique, les qualificatifs ne manquent pas pour nommer les dégâts occasionnés par la tornade de Pomas le 24 août dernier, dans l'Aude. Deuxième adjoint à la mairie de ce village de 1000 âmes, élu communautaire et professeur de mathématiques, Jean-Luc Bousseyroux revient sur cet épisode avec un trémolo dans la voix. Les chiffres sont alarmants : sur 476 habitations, 387 ont été impactées, dont une centaine sont purement inhabitables à ce jour. « Les habitants se sont réfugiés sous les lits, dans les toilettes avec leurs enfants, dans la salle de bain....", liste l'élu. « Un petit garçon de sept ans est venu nous présenter un caillou en nous disant, 'c’est tout ce qu’il me reste de ma maison' », narre-t-il non sans émotion.
« Les habitants se sont réfugiés sous les lits, dans les toilettes avec leurs enfants, dans la salle de bain...."
La tornade a été d’une violence inouïe, « La maison est, soit un refuge, soit un piège. À l’extérieur, les tuiles se sont plantées dans des arbres et des façades ». Dès le premier soir, seuls les murs ont résisté dans certaines maisons, une première vague de relogements d’urgence a été opérée avec le concours de la Ville et de l’agglo de Carcassonne. Le lendemain, "c'était très difficile, on passait dans les maisons et on criait pour savoir s'il y avait quelqu'un à l'intérieur", se souvient l'adjoint qui insiste : "On n’a laissé personne dormir dehors". L'Agglo de Carcassonne s’est engagé à payer les 28 premiers jours au sein de gîtes par exemple. La question fâcheuse se posera en revanche sur le logement à long terme.
"La 'Team tornade' a récupéré le matériel scolaire dans notre école qui menaçait de s’effondrer"
Des dispositifs d’urgence ont été mobilisés : une salle polyvalente, une épicerie gratuite, des repas fournis matin, midi et soir, des packs d’eau provenant notamment des communes voisines. "Le personnel communal a été pleinement engagé est très dynamique", reconnaît Jean-Luc Bousseyroux qui pointe également l’élan de solidarité remarquable qui s’est emparé du village. « Peu importe les convictions politiques, des personnes sont montées sur les toits, les habitants ont beaucoup aidé. Nous avons une équipe que l'on surnomme la 'Team tornade' qui a récupéré le matériel scolaire, dans notre école qui menaçait de s’effondrer...», narre l’intéressé.
« On a perdu notre école, notre mairie, nos commerces, notre château… »
La seule école du village est détruite, elle accueillait 80 élèves. « On a perdu définitivement notre école, notre mairie, nos commerces, notre château… », liste tristement le deuxième adjoint. En quatre jours, l’école a été délocalisée dans le centre de séjour pour permettre aux enfants de vivre leur rentrée loin du drame. Ils devraient y rester tout le premier trimestre. À terme, des algécos devraient être aménagés de manière temporaire avant d’envisager une reconstruction en dur de l’école. Au regard du nombre de personnes traumatisées, une cellule d’urgence médico-psychologique a rapidement été déployée. Des dégâts "innombrables" sont recensés sur les vignes, les véhicules... Quant au château de Pomas, il est lourdement impacté et n'échappera pas à la démolition.
Comment faire un don ?
« On a réellement besoin que l’Etat nous donne des conditions exceptionnelles pour reconstruite notre village rapidement, qu’il facilite les démarches afin d'aller plus vite », appelle de ses voeux l’adjoint qui précise que la sous-préfète s’est régulièrement déplacée sur le terrain. L’heure est désormais à la reconstruction. Le site officiel de la mairie de Pomas (cliquez ici), recense trois possibilités pour faire des dons afin de venir en aide à la population. Dans le chaos, Jean-Luc Bousseyroux retient une chose : « l’entraide exceptionnelle, la force collective du village. Ce genre de drame montre que l'on peut se retrouver sur l’essentiel, c'est un message d’espoir ».