La mairie de Palavas-les-Flots (Hérault) prévoyait une corrida, le 10 octobre prochain, après dix années d'interruption. Le maire, Christian Jeanjean, avait renvoyé la responsabilité du spectacle à Vincent Ribera Organisation : « la ville n’est pas partie prenante de cette organisation », avait-il déclaré. À Palavas-les-Flots, la dernière corrida a été organisée en 2016. L'Alliance Anticorrida a déposé une requête en référé suspension devant le tribunal administratif de Montpellier. Ce 24 septembre, le juge administratif de Montpellier a donné raison à l'association.

"Le maire n’a donc pas le droit de disposer des arènes de la commune pour un spectacle de tauromachie espagnole avec mise à mort"

"Cette ordonnance confirme que l’exception de tradition locale ininterrompue doit être interprétée strictement, et que la reprise d’une corrida ne peut être admise lorsque la pratique spécifique de ce spectacle a cessé, ou ne repose plus sur une tradition locale suffisamment vivante", écrit l'Alliance Anti corrida dans un communiqué ce jour. Et de poursuivre : "Le maire n’a donc pas le droit de disposer des arènes de la commune pour un spectacle de tauromachie espagnole avec mise à mort. De facto, aucun club ou organisation, quelle qu'elle soit, ne peut y donner ce type de spectacle". L'association appuie sur un point : "L’organisation d’une corrida doit être regardée comme constituant un mauvais traitement volontaire envers des animaux réprimé par l’article 521-1 du code pénal, sauf lors qu’existe une tradition locale ininterrompue".

« Le juge des référés a dûment constaté que la tradition taurine a été, non seulement interrompue à Palavas-les-Flots, mais qu'elle n'est plus vivace..."

Claire Starozinski, présidente de l'Alliance anticorrida, commente : « Le juge des référés a dûment constaté que la tradition taurine a été, non seulement interrompue à Palavas-les-Flots, mais qu'elle n'est plus vivace... Après avoir obtenu l'interdiction du retour des corridas à Pérols en 2025 et à La Brède en 2026, l'Alliance Anticorrida se félicite de cette nouvelle décision, obtenue, une fois encore, de haute lutte ».  

Crac Europe savoure une victoire

Le Tribunal administratif de Montpellier a été également saisi de deux recours déposés par le CRAC Europe et One Voice. "Face à l’interruption évidente, pendant dix ans, des spectacles avec mise à mort de taureaux à Palavas, le maire aurait dû prendre ses responsabilités et faire obstacle à la corrida annoncée pour le 10 octobre prochain", écrit Crac Europe dans un communiqué. Le tribunal ordonne au maire de Palavas, dans un délai de 48h, “de prendre les mesures de police nécessaire pour faire obstacle à la tenue de cette corrida compte tenu de l’absence de l’absence de tradition locale ininterrompue…” . Crac Europe se réjouit : "À Palavas, la tradition locale avec mise à mort s’est interrompue il y a dix ans. Elle ne pourra donc pas être ressuscitée artificiellement".