Du 5 au 15 janvier, vous risquez de tomber sur un cabinet clos. Les six syndicats de médecins libéraux et internes appellent généralistes et spécialistes à reporter leurs rendez-vous et à fermer leurs cabinets. Un grand rassemblement est par ailleurs prévu le 10 janvier à Paris. « Jamais un gouvernement n’avait accumulé autant d’attaques »
contre la médecine libérale « en si peu de temps »
, indiquent les six syndicats.
Dossier médical partagé (DMP)
Définitivement adoptée par le Parlement le 23 décembre, la loi de financement de la Sécurité sociale a tout de même été censurée à la marge par le Conseil constitutionnel, avant sa promulgation mercredi 31 décembre. Les Sages ont notamment retoqué la possibilité d’amendes pour les médecins qui n’alimentent pas le dossier médical partagé (DMP) des patients, estimant que cette mesure, qui a suscité la colère des médecins généralistes, n’avait pas sa place dans ce texte.
Tarifs de certains actes
Pour autant, d’autres points d’achoppement demeurent, comme des mesures permettant aux autorités de « contourner »
le dialogue social pour baisser unilatéralement les tarifs de certains actes. Cette mesure ne constitue qu’une « possibilité »
et non une « obligation »
, a nuancé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dans un courrier adressé mercredi 31 décembre aux médecins libéraux.

Arrêts de travail
En revanche, Stéphanie Rist plaide pour une mesure controversée qui restreint la prescription d’arrêts de travail en limitant leur portée dans la durée. Les médecins dénoncent une atteinte à la liberté de prescription ; tandis que la ministre assure que cette mesure doit « permettre un suivi plus régulier des patients en arrêt de longue durée pour lutter contre la désinsertion professionnelle »
, ouvrant la porte à certaines dérogations « aux limites de durée lorsque l’état du patient le justifie »
.
Dépassements d’honoraires
La ministre a enfin évoqué le sujet des dépassements d’honoraires, que le budget de la Sécurité sociale va interdire dans certains cadres précis. « Nous ne pouvons pas nier une réalité : une minorité de professionnels abusent des dépassements »
,
a-t-elle estimé.
La mobilisation devrait être suivie par « 80 à 85% » des médecins libéraux d’après les six syndicats à l’origine, soit plus de 100 000 praticiens (on en compte près de 130 000 en France). Elle s’organise en deux parties : du 5 au 10 janvier, la grève concernera les médecins dits « des villes ». Ensuite, du 11 au 15 janvier, ce sera au tour de ce que l’on appelle le plateau technique, c’est-à-dire le personnel des cliniques : chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens.

