Les piquets de grève et autres banderoles ne sont pas près d'être rangés. Le climat social se tend au sein de l'établissement bien connu à Nîmes : Maison Albar L'Imperator. Depuis le vendredi 18 septembre dernier, des femmes et valets de chambre, des équipiers et des gouvernantes d’étage demandent des réponses sur leurs rémunérations, les effectifs, la charge de travail, les équipements professionnels et leurs conditions de travail.
En grève depuis le 18 septembre dernier
Après plusieurs journées consécutives de mobilisation, la CGT dénonce de nouveaux faits. David Golsin, délégué syndical, fait état de quatre contrats d’extra portant l’intitulé 'équipier bar' établis, selon les observations des grévistes, pour des personnes recrutées afin d’assurer l’entretien des chambres pendant le mouvement de grève. Des contrats qui ont conduit l'organisation syndicale à saisir l’inspection du travail avec une visite annoncée pour le mardi 22 septembre 2026. "La direction a adressé un courriel au gouvernant général de l’établissement, lui demandant de prévoir le recrutement d’extras pour assurer l’entretien des chambres dès le lundi 21 septembre, ainsi que pour le reste de la semaine", expose la CGT. Selon le syndicat, le gouvernant général a répondu par écrit qu’il refusait de prendre la responsabilité d’organiser le remplacement des salariés grévistes par des recrutements extérieurs. Et pour cause, "cette position s’appuie notamment sur les dispositions de l’article L. 1242-6, 1° du Code du travail, qui interdisent de conclure un contrat à durée déterminée pour remplacer un salarié dont le contrat de travail est suspendu à la suite d’un conflit collectif du travail", rappelle la CGT dans un communiqué.
Des contrats d'équipiers bar destinés en réalité à l'entretien des chambres ?
Lundi 21 septembre au matin, aux alentours de 10h00, certains grévistes disent avoir constaté l’arrivée des quatre personnes nouvellement recrutées dans le hall de l’hôtel Imperator. "Nous avons échangé avec l’une d’entre elles afin de comprendre les conditions de son recrutement et les missions qui lui avaient été présentées. Cette personne nous a indiqué avoir été contactée dimanche 20 septembre, en fin d’après-midi, pour venir effectuer l’entretien des chambres pendant une semaine", relate David Goslin.
"Elle nous a expressément indiqué qu’elle n’était pas venue pour travailler au bar et qu’elle ne souhaitait pas remplacer des salariés grévistes"
À la demande des grévistes, cette nouvelle venue a consulté sur son téléphone le contrat qui lui avait été transmis. "Celui-ci mentionnait pourtant un emploi d’« extra équipier bar ». Nous l’avons alors informée de l’existence du conflit social en cours, des revendications portées par les salariés grévistes et de la différence entre les missions d’entretien des chambres qui lui avaient été annoncées et l’intitulé figurant sur son contrat. Elle nous a expressément indiqué qu’elle n’était pas venue pour travailler au bar et qu’elle ne souhaitait pas remplacer des salariés grévistes. Elle a alors quitté l’établissement", poursuit la CGT. Les grévistes précisent que leur démarche n’est dirigée "contre aucune des personnes recrutées" mais demandent un éclaircissement sur les conditions dans lesquelles ces recrutements ont été organisés. "Les quatre personnes avaient donc été recrutées pour l’entretien des chambres : l’une nous l’a confirmé avant de quitter l’établissement, tandis que les trois autres ont été constatées en train d’effectuer ces tâches", indique la CGT qui martèle : "nous avons constaté sur place l’affectation de personnes nouvellement recrutées à des tâches habituellement assurées par les salariés du département des étages actuellement mobilisés'". Le syndicat dit rester à disposition de la direction. Contactée, cette dernière n'a pas répondu à nos sollicitations. Mise à jour le 23 septembre 2026 à 10h : Selon la CGT, trois inspecteurs du travail se sont rendus dans l'établissement le 22 septembre et ont demandé à la direction des explications sur la nature de ces recrutements. Une réunion de négociation concernant le mouvement social a été annoncée ce mercredi 23 septembre 2026 à 9 h 30.