Nîmes : comment s’est déroulé le procès de Jeremstar ?

La star des réseaux sociaux a électrisé une foule de jeunes devant le tribunal correctionnel de Nîmes jeudi 2 avril. Retour sur son procès.
© Linda Mansouri. Jeremstar, Nimes, 2 avril..

La cohue. Dès 11h, le phénomène sur les réseaux sociaux enchaine les interviews pour la presse, tout en filmant ses aventures pour une diffusion sur Snapchat. Devant la statue de Nimeño II sur le parvis des arènes, Jeremstar martèle la même conviction : « En 2026, la corrida, la violence et les tortures envers les animaux devant un public n’ont plus leur place. Quand j’entends dire que c’est une tradition, j’en ai ras le bol. Il y a plein d’autres traditions en France qui ne torturent pas les animaux, je pense au 14 Juillet ou à la fête de la musique », confie-t-il à notre micro, avant de rappeler : « l’excision est aussi une tradition ».

Jeremstar a dû enlever son t-shirt pendant le procès, Nîmes, jeudi 2 avril. Photo : Linda Mansouri

« L’excision est aussi une tradition »

Pour rappel, lors d’une corrida en septembre 2025, dans les arènes de Nîmes, soutenu par Peta, Jeremstar a fait irruption sur la piste en brandissant une pancarte affichant « F*ck la corrida ». L’influenceur a été rapidement plaqué au sol par les services de sécurité avant d’être amené vers la sortie des arènes. Une action qui le conduit devant la justice, jeudi 2 avril. Aux alentours de 13h, une foule dense de jeunes s’agglutine devant le tribunal, smarphone à la main. Plusieurs associations anti-corrida dégainent leurs drapeaux, avant l’arrivée de Rémi Gaillard, fervent activiste pour la cause animale, qui a tenu à assister au procès en soutien.

Jeremstar à l’issue de son procès, devant le tribunal de Nîmes, aux alentours de 16h30. Photo : Linda Mansouri

Un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende

Aux côtés de deux autres prévenus (deux étant absents à l’audience), Jeremstar a comparu devant le tribunal correctionnel de Nîmes en raison de leur « entrée sur une aire de compétition d’une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition », infraction prévue par le code du sport, passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Pour des raisons de neutralité et avant de commencer les échanges, Jeremstar a dû retirer son tee-shirt portant l’inscription. Place aux arguments de l’influenceur : « Torturer des taureaux est un crime » ; « La corrida n’a pas été interrompue, le taureau était déjà mort », lorsque Jeremstar a fait irruption sur la piste. Ce dernier ne « regrette absolument pas mon acte, j’en suis fier. Le but était de dénoncer cet acte barbare, suivi par des gens avides de sang ».

CRAC Europe était présent avant pendant le procès de Jeremstar à Nîmes. Photo : Linda Mansouri

Corrida, une manifestation sportive ?

Me Guillaume Barnier, avocat de la société Casas and Co, délégataire des arènes et partie civile, chiffre le préjudice économique et d’image à près de 6 700 euros et réclame 3 000 euros au titre des frais de justice. L’avocat insiste sur la qualification d’« enceinte sportive », invoquant notamment la tenue d’événements sportifs internationaux dans les arènes (le tournoi de tennis Bastide UTS débute ce jour, ndlr), et le classement mondial des toreros. Même son de cloche du côté du procureur, selon qui les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis. Ce dernier considère que la corrida revêt une dimension de compétition sportive, en raison de la présence d’adversaires et d’une organisation sécurisée. Il requiert des amendes de 5 000 à 6 000 euros ainsi qu’une interdiction de paraître dans les arènes de Nîmes.

Le jugement rendu le 9 juin prochain à 13h30

Les avocats de la défense réclament la relaxe. « La corrida n’est pas une manifestation sportive », assure Me Chris Baptiste. Selon lui, l’événement accueilli dans les arènes doit permettre de les qualifier, « tantôt une enceinte sportive, tantôt un lieu de spectacle. Dans quelques semaines, un concert s’y tiendra. Le considérera-t-on comme une manifestation sportive ? ». Me Chris Baptiste va plus loin dans sa plaidoirie : « Si vous reconnaissez que la corrida est un sport, alors elle ne peut plus être considérée comme une tradition locale ininterrompue (pouvant être invoquée aux fins d’autoriser légalement la corrida, ndlr) ». Le jugement sera rendu le 9 juin prochain à 13h30.




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