Municipales 2026 : Florian Depret souhaite une « gouvernance partagée » pour Saint-Jean-de-Védas

Florian Depret est candidat aux élections municipales de 2026 à Saint-Jean-de-Védas à la tête de la liste "Pour Saint-Jean".
© DR / Florian Depret, candidat aux élection municipales 2026 à Saint-Jean-de-Védas.

Comment est née votre liste « Pour Saint-Jean » ?

« Pour Saint-Jean » a été créé il y a plus de deux ans par un noyau de quatre personnes. En octobre 2024, nous avons lancé des enquêtes auprès de la population de Saint-Jean-de-Védas sur sept thématiques, telles que la culture, le sport, l’aménagement du territoire, la démocratie participative ou encore l’environnement, dans le but de recueillir les attentes des Védasiens. Nous avons eu environ 400 réponses, dont nous avons fait une restitution en juillet 2025. Suite à celle-ci, nous avons commencé à écrire le programme politique. Nous présentons tous les vendredis nos premiers engagements de campagne.

Sur le spectre politique, où situez-vous votre liste ?

Nous sommes une liste transpartisane. Au sein de notre collectif, nous rassemblons quasiment toutes les sensibilités et des personnes animées par la volonté de travailler pour Saint-Jean-de-Védas. Nous avons aussi des personnes sans aucune appartenance politique, qui veulent simplement agir pour la commune.

Pour revenir sur votre enquête réalisée en 2024. Il y a-t-il des problématiques qui sont ressorties ?

Sur les sept formulaires, c’est la sécurité qui est citée en premier, quasiment à égalité avec l’aménagement et la préservation du territoire, puis l’éducation. Et pour autant, il y a un sujet qui n’était pas forcément cité dans l’une ou l’autre des thématiques, c’est la question du désert médical qui s’est mis en place à Saint-Jean-de-Védas.

Justement, par rapport à cette question du manque de médecins, que proposez-vous ?

Nous n’avons plus que trois médecins généralistes conventionnés sur la commune. L’un de nos engagements est de créer un pôle médical védasien afin de permettre un accès aux soins pour tous, avec des praticiens, notamment une dizaine de médecins généralistes conventionnés, pour répondre à l’attente importante des Védasiennes et des Védasiens en matière de médecine de ville.

L’éducation est l’une des thématiques importantes pour la population, selon votre enquête. Quelles sont vos propositions ?

Nous avons un problème important de groupes scolaires qui sont de véritables passoires thermiques, mal isolés, chauds en été et froids en hiver. Un plan pluriannuel d’investissement a été lancé, mais il n’a pas été suivi. Nous avons aussi une idée forte pour les enfants de Saint-Jean-de-Védas : faire classe dehors. Nous souhaitons proposer trois sites répartis sur l’ensemble du territoire afin de permettre aux groupes scolaires de faire classe dans la nature. Ces temps d’apprentissage ont été reconnus comme une vraie réussite par les enseignants.

Et sur la sécurité ?

Aujourd’hui, la police municipale est installée dans un bâtiment vétuste, qui n’est plus aux normes. Nous souhaitons déplacer la police municipale à proximité du futur pôle médical, sur le site de l’ancien centre de jeunesse, une propriété communale. Ce foncier permettra d’accueillir à la fois le pôle médical et la police municipale. Sur la question de la sécurité, nous avons actuellement un policier pour 1 500 habitants. Notre objectif est de porter ce ratio à un policier pour 1 000 habitants. Nous souhaitons également ajouter une patrouille les jeudis, vendredis et samedis soirs jusqu’à 2 heures du matin. Enfin, nous avons le projet d’installer des bornes d’appel d’urgence notamment à proximité des groupes scolaires, pour permettre à la population de prévenir directement la police municipale de toute problématique. Ces bornes seront à hauteur d’enfants afin de leur permettre de signaler une situation à risque, dangereuse ou de harcèlement. La question du harcèlement sera prise très sérieusement en considération durant la mandature. Le harcèlement ne s’arrête pas à l’école, il peut aussi exister dans la famille, à l’extérieur, dans les associations. Les élus doivent être les maillons d’une chaîne pour prévenir ces situations le plus tôt possible.

Quels sont vos projets d’aménagement urbain ?

Nous voulons recréer un nouveau cœur de ville à Saint-Jean-de-Védas pour relier les quartiers, favoriser le partage, l’échange et la vie sur l’ensemble du territoire, tout en préservant l’identité de notre village. Cela passe par un travail d’embellissement, notamment avec la place de l’Ortet, qui n’a pas été aménagée depuis une vingtaine d’années. Nous souhaitons la transformer en « rambla de l’Ortet ».
Concernant l’aménagement du territoire, nous avons réflexion qui s’inscrit dans une vision de long terme appelée Saint-Jean-de-Védas 2040. Ce ne sont pas uniquement des engagements sur une mandature. Une mandature, c’est six ans, soit environ 30 millions d’euros d’investissement. Nous donnons donc des engagements pour six ans et une vision au-delà de 2032. On dit ce qu’on fait, c’est un programme politique ; on fait ce qu’on dit, c’est une mandature.
Les aménagements relèvent aussi parfois de l’échelle métropolitaine. Nous souhaitons remettre Saint-Jean-de-Védas au centre des mobilités métropolitaines avec quatre axes : est, nord, ouest et sud. À l’est, nous avons la volonté de créer une voie rapide vélo-piétons sécurisée vers Montpellier, adossée à l’A613, qui passe par le centre du village, par Rieucoulon et Ovalie. Pour l’axe nord, il y a la route du Moulin, qu’il faut sécuriser. Elle est aujourd’hui très dangereuse, notamment à cause des platanes, et nous souhaitons y adosser une voie vélo-piétons afin de pouvoir rejoindre le terminus de la ligne 5 du tramway. À l’ouest, nous allons demander à la métropole de concrétiser la voie verte de l’ancienne voie ferrée vers Fabrègues. Au sud, beaucoup de Védasiens souhaitent rejoindre la mer à vélo. Il faudra sécuriser la sortie sud de la commune en passant par la Lauze
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Vous avez parlé de mobilité, qu’en est-il des transports en commun ?

La métropole dispose d’un plan de mobilité global, mais il ne prend pas suffisamment en compte l’échelle communale. Chaque commune doit établir son propre plan de mobilité. À ce jour, je n’ai pas vu de plan communal de mobilité à Saint-Jean-de-Védas. Le bus est saturé aux heures scolaires, parfois au point que des enfants ne puissent pas monter, ce qui est dangereux. En revanche, ils sont presque vides en heures creuses. Une réflexion est nécessaire sur le transport scolaire et l’usage des bus.

Toujours sur la mobilité, il y a le projet du Contournement Ouest de Montpellier (COM) qui fait débat. Quel est votre positionnement ?

Le COM, projet vieux de plus de 30 ans, est nécessaire pour la commune, pour la Metropole et il se fera. Ceci étant dit notre territoire doit être préservé, aussi, nous prendrons le sujet en l’état, nous défendrons les intérêts des Védasiens et nous nous assurerons de minimiser ses impacts. Pour citer un exemple il est pour nous irresponsable de céder les espaces naturels propriété de notre commune à Vinci, comme il l’a été proposé au conseil municipal, concernant l’espace boisé de 3 hectares adossée au terrain de rugby, dit « les prés»

Comment Saint-Jean-de-Védas peut avoir du poids au sein de la Métropole ?

J’entends des candidats à l’élection municipale dire : “nous voulons une vice-présidence”. Ce n’est pas quelque chose d’acquis. Il n’y a aucune obligation pour que Saint-Jean-de-Védas ait une vice-présidence, on l’a bien vu sur cette mandature. Ce qu’il faut construire, dans un esprit de bonne intelligence, c’est un partenariat gagnant-gagnant. Et à partir du moment où les projets communaux concordent, dans l’intérêt général, avec ceux de la métropole, je ne doute pas que nous serons écoutés.

Comment comptez-vous impliquer davantage les habitants dans les décisions et les projets de la commune ?

Je trouve qu’il y a eu une carence dans le partage des grands projets avec la population durant cette mandature. Peu de réunions publiques ont été organisées, notamment sur le pôle Enfants-Jeunesse, initialement prévu à 1,4 million d’euros et qui coûtera finalement 5 millions. La population n’a pas été suffisamment informée. Il y a eu zéro réunion publique sur le sujet. Nous voulons une gouvernance partagée, fondée sur le collectif. Lorsqu’un maire perd sa majorité, il ne peut plus appliquer son programme. La démocratie doit alors être redonnée aux citoyens.
Sur la forme, nous avons une réelle volonté de rupture avec ce qui s’est passé sur cette mandature. Nous voulons créer une méthode de gouvernance partagée. Ce n’est pas un homme ou une femme qui décide seul d’une gouvernance : c’est une majorité, qui doit être préservée. Lorsqu’un maire n’a plus de majorité, il se retrouve dans la difficulté de ne plus pouvoir exercer son programme politique. Il se doit de démissionner parce qu’on n’applique pas un programme sans majorité. Nous voulons aussi rester au plus proche de la population et multiplier les réunions publiques sur les engagements structurants pour la commune, notamment sur les questions d’aménagement de quartier. Lorsqu’il y aura des projets structurants pour la commune, nous viendrons systématiquement avec des propositions. Ce qui est possible de faire, nous le détaillerons. Et si ce ne l’est pas, nous apporterons l’expertise nécessaire pour expliquer ce qui est réalisable ou non. Il y a des choses que l’on ne peut pas faire, et il faut savoir l’expliquer.

Un mot sur les quartiers ?

Il faut créer une identité de quartier et en être fier. Par exemple, pour les décorations de Noël, elles sont concentrées sur le cœur de ville. Je pense que l’esprit de Noël pourrait être un peu plus mis en avant sur l’hiver. Ils sont déjà en train de retirer les décorations. Je suis partisan de les laisser au mois de janvier tant que les nuits tombent vite. Nous pourrions développer une identité par quartier à la période de Noël, avec des ateliers participatifs permettant aux habitants et aux enfants de décorer leur quartier.

Vous évoquez la création d’un hub solidaire. De quoi s’agit-il concrètement ?

Nous souhaitons créer un hub solidaire qui sera un lieu de vie pour toutes les associations solidaires de la commune. Nous imaginons y regrouper une épicerie solidaire, une ressourcerie et offrir des espaces de stockage aux associations qui en manquent aujourd’hui. Nous imaginons ce hub implanté à côté de la nouvelle déchèterie, ce qui est cohérent. Au lieu d’aller uniquement à la déchèterie, les habitants pourront aller à la ressourcerie et on donne une seconde vie aux objets. Nous avons également une association à Saint-Jean-de-Védas spécialisée dans la réparation d’objets. Plutôt que de jeter un appareil défectueux, il pourra être réparé et remis en vente à bas prix pour une famille qui ne bénéficie pas du hub solidaire.

La problématique du logement est centrale en France, mais aussi à Saint-Jean-de-Védas. Quelles sont vos mesures ?

Les candidats qui disent qu’il ne faut plus construire à Saint-Jean-de-Védas, c’est une hérésie. Sans politique de logement, les écoles se vident, les prix augmentent et les jeunes actifs ne viennent plus. Pour autant, la ZAC de Roquefraisse se terminera sur la prochaine mandature. Il faut donc anticiper l’avenir à horizon 2040. Que fait-on après ? Là, je reviens sur Saint-Jean-de-Védas 2040. C’est comment accueillir des Védasiens dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans, tout en préservant notre identité, nos quartiers, en s’assurant que l’urbanisation à la parcelle ne se fasse plus et en ne s’étendant plus sur la nature. D’ailleurs, nous avons comme engagement ferme : zéro artificialisation nette des sols sur notre territoire.

Saint-Jean-de-Védas compte déjà de nombreux candidats pour ces élections municipales. Avez-vous réfléchi à d’éventuelles alliances ?

Alors, pour l’instant, nous ne sommes pas du tout dans une dynamique d’alliance. “Pour Saint-Jean” est une liste transpartisane et en dehors de toute extrême, il n’y aura en aucune manière d’alliance avec ces extrêmes. Notre liste est constituée de femmes et d’hommes, de Védasiennes et de Védasiens, qui ne sont pas des professionnels de la politique. Nous avons tous notre vie, notre travail, nos enfants, notre famille. Nous sommes donc là pour agir concrètement. Ce qui est sûr, c’est que si nous nous maintenons au second tour, avec ou sans alliance, ce sera toujours dans l’objectif de pouvoir agir et de faire avancer les choses.

Quels sont vos prochains rendez-vous ?

Nous organisons une réunion publique le 11 mars, salle des Granges. Nous faisons du porte-à-porte pour présenter notre programme. Tous les samedis matin, nous sommes en déambulation au cœur du village. Nous restons à disposition des associations, des comités de quartier, des entreprises et de l’ensemble des Védasiennes et des Védasiens pour échanger sur notre programme politique.

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