Montpellier : « trompe l’œil », « mirage », le rapport de l’Institut Montaigne fait bondir l’équipe Saurel

Un récent rapport portant sur les finances de la Ville de Montpellier, publié par l'Institut Montaigne, provoque l'ire de certains colistiers de Saurel.
© Linda Mansouri/infOccitanie. Michael Delafosse (gauche) et Philippe Saurel. .

L’ancien locataire de la Maison bleue est certainement tombé de sa chaise en lisant les conclusions, lui qui n’a eu de cesse d’alerter le préfet par courrier sur les finances « calamiteuses » de la Métropole et de la Ville durant son mandat d’opposant. Un positionnement à rebours des constatations rassurantes, un brin laudatives, du rapport dévoilé mercredi dernier par l’Institut Montaigne (disponible ici).

Montpellier décroche un 7/10

Atelier de réflexion libéral créé en 2000 se présentant comme indépendant, bénéficiant de financements privés, l’Institut Montaigne publie régulièrement des études en lien avec les politiques publiques. La dernière en date sur le territoire n’a pas été accueillie avec les honneurs par l’équipe du candidat Philippe Saurel.

Qu’apprend-on ? Montpellier se classe 2ᵉ des 12 plus grandes villes françaises, avec une note de 7/10. Cette évaluation repose sur plusieurs indicateurs : capacité d’épargne, maîtrise de la dette, effort d’investissement et fiscalité.

La santé financière est présentée comme étant bonne, ne suscitant pas d’inquiétude, mais nécessitant une attention particulière dans les prochaines années au regard de l’endettement. Lui-même conséquence d’une politique d’investissement ambitieuse. Le rapport note par ailleurs que les dépenses de fonctionnement progressent moins vite que dans d’autres villes.

Institut Montaigne, extrait du rapport publié en février 2026, analyse de la santé financière de Montpellier.

Un rapport qui a le mérite de donner un coup de boost en phase finale de la campagne du maire PS sortant. « Dans un contexte budgétaire tendu pour les collectivités (baisse des dotations de l’Etat, crise énergétique, hausse des taux…), cette reconnaissance confirme qu’il est possible de conjuguer responsabilité financière, investissement pour l’avenir et maîtrise fiscale », commente Michaël Delafosse. Le maire-président précise s’il fallait qu’une « gestion solide n’est pas une fin en soi. C’est la condition pour financer durablement les mobilités, l’éducation, la transition écologique et la qualité de vie ».

Max Levita et Hind Emad montent au créneau

Le son de cloche est bien différent du côté de la liste de Philippe Saurel. Dans un communiqué conjoint, Max Levita (ancien adjoint aux finances de la Ville et de la Métropole) et Hind Emad (ancienne vice-présidente au développement économique), dénoncent un rapport « trompe-l’œil » aux allures de « mirage ». Les deux colistiers de Philippe Saurel affirment que Montpellier « profite encore de l’inertie d’un héritage solide qu’elle est en train de consumer à une vitesse alarmante ».

L’endettement pointé du doigt

Les deux exposent dans une lettre ouverte le lundi 2 mars : « Si Montpellier semble ‘mieux’ résister, c’est uniquement parce qu’elle est partie de plus haut. En 2019, au terme du mandat de Philippe Saurel, la ville affichait une durée de désendettement de 3,7 ans. C’était un ratio d’excellence nationale, fruit d’une gestion rigoureuse (…) Aujourd’hui, ce délai a presque triplé pour atteindre 9,3 ans en projection pour 2025. Plus grave encore, la dette par habitant a bondi de +93 % en seulement cinq ans ».

La dynamique ambitieuse d’investissement, concernant notamment l’extension de la ligne 1 et la création de la ligne 5 de tramway, entraîne mécaniquement une hausse du niveau d’endettement. Ce que les deux signataires ne manquent pas de soulever : « Les emprunts passent, pour la ville, de 29 millions d’euros en 2020 à 106 millions d’euros en 2024. Pour la Métropole, ils passent de 70 millions d’euros en 2020 à 334 millions d’euros en 2024 ».

L’Institut estime que la ville se donne des marges, mais qu’elles ne suffisent pas à absorber l’ensemble des nouveaux investissements et le remboursement de la dette. Ce à quoi les signataires rétorquent : « L’Institut ne donne pas le ratio permettant de confirmer cette appréciation. Or, le ratio pertinent est clair : dépenses de fonctionnement + remboursement de la dette / recettes réelles de fonctionnement (fiscalité + dotations de l’État). Si le numérateur est supérieur au dénominateur, cela signifie que l’on fait financer les dépenses de fonctionnement par l’emprunt, ce qui est interdit. Ce ratio passe pour la Métropole de 87,3 % en 2020 à 99,1 % en 2024. Pour la ville, il passe de 87,13 % en 2020 à 97,18 % en 2024. Nous nous rapprochons dangereusement de la zone de rupture ».

Toujours selon l’Institut Montaigne, les marges d’autofinancement actuelles ne suffisent pas à absorber l’ensemble des nouveaux investissements et le remboursement de la dette. « La situation devient particulièrement préoccupante à partir de 2027. L’État sera contraint de diminuer ses dotations aux collectivités locales », alarment les colistiers. Le vrai sujet de fragilité est peut-être moins la ville que l’intercommunalité, lit-on dans le rapport. Pour rappel, la Métropole affichait une durée de désendettement de 6,9 ans en 2020. Elle passe à 12,9 ans en 2024.

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