Montpellier : procès pour meurtre, l’accusé dépeint comme « enfantin et immature »

Le procès mettant en cause Samir F. se poursuit. Zoom sur la personnalité de l'accusé.
© Illustration – cour d’appel de Montpellier / Photo : Camille Casanova, InfOccitanie.

Pour mieux comprendre les circonstances exactes du meurtre d’Elias B., la cour d’assises de l’Hérault s’est longuement penchée sur la personnalité de Samir F. Au fil de la procédure, l’accusé s’est confié à de nombreux spécialistes, enquêtrice de personnalité, psychologue, psychiatre, chargés d’éclaircir la justice sur son parcours et son état d’esprit.

Nomadisme familial

L’enfance de Samir s’inscrit sous le signe d’un « nomadisme familial ». Son père Abdellakh F., entrepreneur, lance d’abord ses affaires en Norvège, avant d’emmener les siens en Angleterre, puis à Nice et enfin à Montpellier, dans le quartier Saint-Martin. Aîné de la fratrie, Samir grandit dans ce contexte itinérant, au sein d’une famille décrite comme soudée, dans une « bonne ambiance » et un cadre « strict mais juste ».

Décrit comme « sociable mais réservé », Samir évoluait avant tout dans le « cercle restreint de sa famille » qui lui convenait, marqué également par « une dépendance affective envers ses parents », analyse Danielle Cani, experte psychologue. « Il a gâché ses chances et abandonné ses études par sa seule négligence », poursuit-elle à propos de sa scolarité. Doté de réelles facilités, Samir s’ennuyait en classe et a fini par être exclu de son collège. Orienté vers plusieurs CAP, il décroche définitivement aux alentours de 15 ans. Des éléments qui, pour la psychologue, traduisent un côté « enfantin et immature ».

Une condamnation pour proxénétisme aggravé

Dans la vie de Samir, il y a aussi sa compagne. Sur le plan sentimental, il rencontre Priscilla M. en 2017. Le couple se marie religieusement en 2021. Toujours à ses côtés aujourd’hui, elle le décrit comme un « mari idéal », « un compagnon doux, bienveillant à l’écoute ». Ensemble, ils évoquent des projets de vie commune, de mariage et d’enfants.

Un tableau qui contraste avec une ancienne condamnation pour proxénétisme aggravé. Samir aurait organisé des rendez-vous dans des chambres d’hôtels pour plusieurs jeunes femmes, dont Priscilla. À l’audience, le président l’interroge : « Comment conciliez-vous l’amour que vous lui portez et sa participation à cette activité ? Vous n’êtes pas jaloux ? ». « Si mais je ne saurais pas vous expliquer. Je ne me rappelle plus », balbutie Samir. L’un de ses avocats, Me Fort, tente de préciser le contexte. « Pouvez-vous expliquer à la cour que vous l’avez aidée à s’en sortir ? ». Toujours en couple avec Priscilla aujourd’hui, Samir affirme qu’elle se prostituait déjà au moment de leur rencontre et assure l’avoir accompagnée pour arrêter, notamment en finançant une formation de prothésiste ongulaire.

Priscilla est ensuite venue témoigner. Réservée mais sur la défensive, elle refuse de s’exprimer : « Je n’ai rien à dire de moi-même », répète-t-elle malgré l’avertissement du président sur l’amende de 3500 euros encourue par un témoin qui refuse de déposer. « Vous pouvez disposer », conclut le président. Et elle quitte la salle, sans dire un seul mot à la cour.

Un mandat d’amener à l’encontre du père de l’accusé

Le père de Samir reste lui aussi au coeur de cette affaire. Abdellakh était initialement soupçonné dans cette procédure. Placé en garde à vue et mis en examen, il a finalement bénéficié d’un non-lieu à l’issue de l’instruction. Cité à témoigner ce mardi 24 février, il ne s’est pas présenté à l’audience malgré plusieurs sommations. Face à son absence, le président a délivré un mandat d’amener pour le contraindre à comparaître.

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