« En 2025, 98 femmes ont été tuées par leurs conjoints ». Ce 20 février 2026, l’association Les Tricoteuses Hystériques a organisé une commémoration place Pierre Flotte à Montpellier.
« Tuée, devant ce lieu symbolique, où elle venait pour accéder à la justice »
Un rassemblement symbolique pour Marie-Pierre. « Le 20 février 2024, Marie-Pierre était assassinée par son ex-époux sur le parvis du tribunal de Montpellier, en pleine journée alors qu’ils avaient [rendez-vous, ndlr] pour signer les derniers papiers liés au divorce et à la séparation des biens », rétorquent Les Tricoteuses Hystériques sur leurs réseaux sociaux. « Tuée, devant ce lieu symbolique, où elle venait pour accéder à la justice (…). La lutte contre les violences conjugales est une nécessité. Nous n’oublions pas Marie-Pierre. Nous n’oublions aucune de celles qui n’ont pu être protégées », terminent-elles.
18h30, la nuit tombe sur le parvis du tribunal judiciaire de Montpellier. Sous l’éclairage des lampadaires, Vigdis Morisse-Herrera, présidente de l’association Les Tricoteuses Hystériques, débute son discours. « Nous sommes réunis ce jour pour honorer la mémoire de Marie-Pierre. Marie-Pierre avait 67 ans, elle a été abattue par son ex-mari d’une balle la tête. S’ils étaient présents en ce funeste 20 février 2024, c’était pour signer les derniers documents matrimoniaux d’un divorce qui traînait depuis 8 ans », rétorque-t-elle.
« Il n’y a pas eu de plainte pour violences conjugales, dira monsieur le Procureur. En effet, comme dans la moitié des féminicides. Monsieur Darmanin nous le rappelait hier dans une prise de parole : 70% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite. Si certains ici découvriront ce chiffre, nous victimes, nous association le connaissons que trop bien », poursuit-elle avant d’initier une minute de silence.

98 prénoms. Depuis un an, Les Tricoteuses Hystériques tricotent le prénom de ces 98 femmes tuées par leurs conjoints en 2025. Ce soir, elles nous ont dévoilé leur oeuvre qui fera le tour de France, dans des festivals, des mairies et d’autres évènements. « 98 femmes et des milliers, qui n’ont pas été protégées par notre société qui échoue dans sa lutte contre les violences conjugales. Nous honorons leur mémoire et nous ne les oublions pas », écrivent-elles sur leurs réseaux sociaux.
« Nous exigeons un mandat sans morte sur notre territoire »
« Si Marie-Pierre est morte, c’est que l’institution ne lui a pas permis de vivre. Nous exigeons qu’une plaque soit posée en son nom par le prochain élu », poursuit Vigdis en s’adressant aux futurs candidats montpelliérains à la municipale 2026. « Nous voulons des engagements chiffrés, planifiés et évalués. Nous exigeons un mandat sans morte sur notre territoire. Oui, nous l’exigeons. Un mandat où chaque signalement sera pris au sérieux. Un mandat où les violences faites aux femmes ne seront plus traitées comme un sujet anecdotique. Un mandat où la prévention sera aussi importante que la réaction. Un mandat où on ne détournera plus le regard. Marie-pierre aurait dû vivre. Toutes celles dont les noms figurent sur cet ouvrage auraient dû vivre. Ce soir, en leur mémoire, nous resterons vigilantes. Nous resterons présentes, nous resterons exigeantes », conclut la présidente de l’association Les Tricoteuses Hystériques.