Montpellier : évacuation d’un squat, « on aurait dû trouver une solution d’hébergement d’urgence »

Des familles ont été évacuées d'un "squat" à Montpellier. La présidente de l'Association humanitaire de Montpellier clame qu'une solution aurait dû être trouvée.
© Linda Mansouri. Les familles expulsées ont dormi dans le hall de l’hôtel de ville de Montpellier, puis y sont restées la journée. .

Un lieu situé à Montpellier, au 501 rue de la Croix Lavit, quartier nord d’Euromédecine, a été évacué lundi 27 octobre 2025 dans la matinée par les forces de l’ordre. « Les 18 occupants sans titre encore présents ont été expulsés des lieux », indique le préfet dans un communiqué de presse le même jour. Cette opération menée par la direction interdépartementale de la police nationale, en application d’une décision de justice et après « accord du concours de la force publique » par le préfet, s’est déroulée « sans incident », rassure le représentant de l’Etat.

Cela faisait près de deux ans que l’association Solidarité partagée organisait la mise à l’abri de familles à la rue dans ces locaux vides d’une entreprise à Euromédecine. « Ça a été très violent pour les familles cette évacuation sèche. On pallie les manques de l’Etat », narre un bénévole. Les démarches au niveau du 115 ont été infructueuses. « On se tourne vers la mairie, personne n’est descendu. Ils nous ont vus hier nous installer », déplore un bénévole (vidéo ci-dessous). Les familles ont dormi dans le hall de l’hôtel de ville cette nuit. « Il y a des enfants, entre 4 et 17 ans. L’expulsion était attendue, mais la manière est dénoncée. On n’est pas dans une posture d’activisme, loin de là. Maintenant, on ne sait pas ou ces familles vont dormir cette nuit, on est tous fatigués », nous souffle le bénévole.

« Ce sont 20 enfants, 14 femmes seules et 3 couples »

Aïcha Baghaz, présidente de l’Association humanitaire de Montpellier (AHM), laquelle distribue notamment des centaines de repas chauds par jour aux plus démunis, s’est très vite indignée. « Ceux que la justice a expulsés hier, ce ne sont pas juste des occupants d’un squat. Ce sont 20 enfants, 14 femmes seules et 3 couples », liste-t-elle. Tout en ne contestant pas l’application de la décision de justice, elle regrette que des alternatives n’aient pas été trouvées : « On aurait pu, on aurait dû, trouver une solution d’hébergement d’urgence, même temporaire, dans d’autres villes s’il le fallait, pour éviter d’engorger encore un peu plus les rues de Montpellier ».

« On sait très bien que le 115 est saturé, que des familles dorment déjà dehors chaque nuit »

La présidente de l’AHM d’interroger : « Et qui s’en occupe maintenant ? Ce sont les associations qui ramassent derrière, qui apportent à manger, des couvertures, un peu de dignité. On sait très bien que le 115 est saturé, que des familles dorment déjà dehors chaque nuit. Alors non, on ne peut pas se féliciter d’avoir mis des enfants et des femmes à la rue. Il y a le droit, oui. Mais il y a aussi l’humanité. Et hier soir, c’est elle qui a été expulsée ».

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