Montpellier : « C’était la proximité, le fait qu’on soit tous les deux », un homme jugé pour agression sexuelle incestueuse

Ce mardi 6 janvier, un homme de 30 ans a été déclaré coupable d'agression sexuelle incestueuse par le tribunal correctionnel de Montpellier.
© InfOccitanie / Camille Casanova – photo d’illustration.

« Comment expliquez-vous avoir eu envie d’embrasser votre nièce de 11 ans ? », a interrogé le président du tribunal correctionnel de Montpellier ce mardi, s’adressant à l’accusé. Un homme de 30 ans mis en cause dans plusieurs épisodes d’attouchements sexuels. « C’était la proximité, le fait qu’on soit tous les deux », répond-il en évoquant une « attirance sur le moment ».

Le président du tribunal correctionnel de Montpellier, Gilles Maschio, s’élance dans le rappel des faits. Tout a commencé par une dénonciation au personnel scolaire. Célia* se confie au corps enseignant, avant de rapidement se raviser par peur de « faire exploser la famille ». Puis, elle commence à parler. Nicolas*, le compagnon de sa tante, l’aurait sexuellement agressée à plusieurs reprises. Tout d’abord, en 2022. Lors d’un déjeuner de famille, Nicolas* est chargé d’aller récupérer des chaises dans un cabanon. Célia* se propose de lui prêter main forte. Alors qu’ils sont tous les deux à l’intérieur du local, l’oncle aurait empêché sa nièce de sortir, juste avant de tenter de l’embrasser. Laquelle aurait opposé un refus catégorique, avant de s’enfuir.

« Tu me perturbes quand tu es habillée comme ça »

Puis, plusieurs autres épisodes. Alors que toute la famille regardait un feu d’artifice, Nicolas* aurait touché les seins de sa nièce. Deux ans plus tard, l’oncle et la tante sont chargés de garder les enfants pendant plusieurs jours. Visionnant un film, il aurait posé sa tête sur les cuisses de sa nièce, juste avant de lui toucher son sexe. L’accusé aurait également envoyé de nombreux messages à sa nièce : « tu me perturbes quand tu es habillée comme ça. Tourne-toi ». Le chagrin est palpable dans la salle d’audience.

À la suite de ces dénonciations, une enquête débute. Toute la famille est entendue. Le père de la victime reproche à l’accusé d’avoir détruit la famille et souhaite qu’il dise toute la vérité. La tante de la victime, qui s’est remise en couple avec l’accusé, estime, quant à elle, que Célia* est « provocatrice » et « une fille à problèmes ». Célia* a perdu 16 kg en deux mois. Expertisée dans le cadre de l’enquête, le médecin relève chez elle une grande tristesse, une modification du rapport à la nourriture et des actes de scarifications démontrant son mal-être.

« J’ai bien essayé de l’embrasser »

« Je tiens à m’excuser », affirme l’accusé en s’approchant à la barre. « Je confirme les faits dans le cabanon. J’ai bien essayé de l’embrasser. Je ne me suis pas rendu compte de la gravité des faits », reconnaît-il avant de nier les autres accusations. « Je n’ai jamais touché ses parties intimes », conclut-il.

« L’adulte parle le langage de la passion. L’enfant parle le langage de la tendresse. À 11 ans, un enfant cherche de la protection chez un adulte », affirme l’avocat des parties civiles lors de sa plaidoirie. Plaidoirie durant laquelle il a souhaité répondre à deux questions : l’accusé est-il coupable ? Si oui, quelle sera la réparation du préjudice de la victime ? Selon lui, la réparation du préjudice moral de sa cliente s’élève à 8000 euros. Quant à elle, la procureure de la République requiert 18 mois d’emprisonnement assortis du sursis probatoire pendant deux ans.

Puis, s’élance l’avocate de la défense, Maître Iris Christol. « Devant un tribunal correctionnel, les juges ne sont pas là pour croire (…). On est ici pour démontrer », affirme-t-elle avant de demander la relaxe sur la majorité des accusations.

Le tribunal correctionnel de Montpellier déclare Nicolas* coupable de l’ensemble des accusations. Il est condamné à 18 mois d’emprisonnement assortis du sursis probatoire pendant deux ans. Il est dans l’obligation de suivre des soins, de travailler et d’indemniser la victime. Il est également dans l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs pendant cinq ans et est désormais inscrit sur le fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Le tribunal a chiffré le préjudice moral de la victime à 5000 euros.

*Prénoms d’emprunt

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