À La Grande-Motte, ville dirigée par Stéphan Rossignol (LR), une des polices municipales les mieux dotées de France (en nombre d'agents par habitant) est au coeur d'une polémique. Christophe P., agent au sein de la brigade, est visé par une enquête préliminaire après deux plaintes pour des faits de harcèlement, de violences physiques et d'outrages sexistes et sexuels, comme évoqué par Midi libre en juillet 2026. Dans ce dossier teinté de propos racistes, les deux plaignantes accusent aussi leur chef, Jean-Michel W., d'avoir minimisé les faits, et mis les alertes sous le tapis.
44 témoignages
En attendant les suites de l'enquête pénale, une enquête administrative a été mise en place par la ville au mois d'août dernier. Mediapart a pu en consulter le compte rendu (son enquête intégrale en fin d'article). Nourri des témoignages de quarante-quatre personnes, le rapport préconise de réexaminer l'organisation du service, afin de « garantir pour l'avenir un encadrement plus respectueux des agents en place - quitte à ce que ça se traduise par une modification de la chaîne de commandement ».
« La bite, il fallait pas la mettre dans l'œil, il fallait la mettre dans la bouche »
Dans le rapport d'enquête administrative que Mediapart a pu consulter, plusieurs femmes attribuent à l'agent Christophe P. des propos sexistes que voici : « Les femmes devraient faire la cuisine, le ménage et rester à la maison. » ; « Ma fille, elle me ramène un bougnoule, je l'abats. » ; « La bite, il fallait pas la mettre dans l'œil, il fallait la mettre dans la bouche » ; « Tu serviras à rien, t'es qu'une femme ».
« Les femmes devraient faire la cuisine, le ménage et rester à la maison »
Ce rapport administratif précise ceci : "Le malaise au sein du service est évident et a été fortement perçu durant les auditions. ll y a clairement deux camps : une partie des agents qui soutiennent la hiérarchie, évoquant une équipe globalement correcte ou professionnelle, quand d'autres parlent de peur, d'omerta, de clivages et de départs liés au climat de travail".
Deux plaintes pour des faits de harcèlement
En juillet 2025, quand Louise (prénom d'empreint) est embauchée à La Grande-Motte, elle sent tout de suite « que [Christophe P.] a un problème avec les femmes ». Selon la plaignante, en qualité de formateur, le policier s'adonnait régulièrement à des démonstrations intempestives auprès de ses collègues, les plaquant au sol ou leur assénant des coups sans prévenir. « Il était très violent en nous montrant des techniques de police. Il me faisait mal à chaque fois », explique Louise. Contactée à ce sujet, la Ville de La Grande Motte n'a pas donné suite à nos questions. Dans les colonnes de Mediapart, le maire Stéphan Rossignol dit souhaiter que "toute transparence soit faite sur cette affaire (...)". Mediapart précise que l'édile a répondu de manière "partielle" à ses questions. Lire l'enquête intégrale de Mediapart en cliquant ici.