« Ce sont des femmes avec des parcours différents, qui ont une histoire à raconter, quelque chose à apporter, que ce soit pour elles ou pour les autres », livre Audrey Coppée, l’une des trois photographes ayant réalisé les portraits des 60 femmes sélectionnées pour l’exposition « Montpellier, c’est elles« . À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars dernier, la Ville de Montpellier a décidé de mettre à l’honneur « les femmes qui font la ville » à travers une exposition à ciel ouvert dans l’espace public montpelliérain. Ce sont ainsi 60 portraits de femmes qui sont exposés dans toute la ville jusqu’au 4 avril.
« Des rencontres magiques »
Les Montpelliérains peuvent découvrir les parcours de vie et les portraits divers et variés de ces femmes, racontés en quelques lignes couplé d’une photo. « J’ai fait des rencontres magiques. Par exemple la doyenne de la fac de médecine, qui est la seule doyenne en 800 ans. Elle a pris le temps de m’expliquer son histoire et de me montrer son bureau, un lieu que l’on ne voit jamais en tant que particulier. Elle m’a envoyé des messages de remerciements absolument incroyables. Je trouve fou qu’elle prenne le temps, en fait. C’est très touchant », confie Audrey Coppée. D’autres témoignages sont, quant à eux, plus alarmants. « J’ai rencontré une femme qui travaillait au CNRS. Elle m’a parlé de la période où elle était enceinte. Son oral était programmé pendant son accouchement et elle a demandé de le reporter. On lui a demandé de déclencher pour prévoir son oral. Elle m’a précisé « autre temps, autres mœurs », mais je pense que c’est une remarque que l’on pourrait encore entendre aujourd’hui », raconte la photographe. Également, on y retrouve des femmes de tous horizons sociaux ou professionnels : sportives, figures associatives, entrepreneuses, chercheuses, enseignantes, femmes de culture, et bien d’autres encore.
« L’exposition est là pour dire « soyons toujours vigilants et vigilantes »
Une exposition qui revêt un message d’autant plus important alors que les chiffres des violences faites aux femmes sont en augmentation en France. En 2024, les violences sexuelles ont progressé de 7 % et les viols et tentatives de viol enregistrés sont en hausse de 9 %, selon le ministère de l’Intérieur. « Ce projet souligne l’invisibilité et montre que tout chemin est possible. On sait que dans la vie d’une femme, il y aura toujours plus de contraintes, plus de barrières, plus de plafonds de verre. L’exposition est là pour dire aussi « soyons toujours vigilants et vigilantes » et ne pas laisser faire ce qui se passe aujourd’hui », insiste la photographe.
L’une des particularité de cette exposition est qu’elle est exposée dans tout l’espace public et ainsi dans de nombreux lieux emblématiques et symboliques de Montpellier, comme la préfecture, le palais de justice ou encore le parc du Peyrou. « Ce n’est pas parce que c’est important que ça ne doit pas être léger. L’exposition peut prendre la forme d’une balade. Et vous n’êtes pas obligé de tout lire. Il n’y a pas ni d’obligation. C’est l’espace public. Et on le partage », estime Audrey Coppée. L’exposition est visible jusqu’au 4 avril. Pour découvrir l’ensemble des lieux où les portraits sont affichés cliquez ici.