Hérault : « les habitants ont voté pour leur programme », Julien Miro, nouveau maire de Castelnau-le-Lez

Julien Miro a été élu maire de Castelnau-le-Lez. Baisse de la taxe foncière, sécurité, urbanisme… Il revient sur ses axes d’action pour ce mandat.
© InfOccitanie – A.F / Julien Miro, maire de Castelnau-le-Lez.

Comment se sont passés les premiers jours après votre élection tant que nouveau maire de Castelnau-le-Lez ?

C’est une grande fierté d’avoir réussi à rassembler un maximum de Castelnauviens et Castelnauviennes. C’est une grande responsabilité, donc on s’est mis de suite au travail, en attendant évidemment d’être installés officiellement. On a commencé à déterminer comment on allait commencer à appliquer les priorités, comment on allait s’organiser aussi au sein de l’administration. Et puis tout ça, évidemment, en gardant à l’esprit qu’on veut une politique à la fois de changement, c’est le message qui a été passé. Et dans ce changement, il y a une envie de proximité aussi. On est très attachés à l’idée que l’on doit avoir beaucoup plus de proximité et beaucoup plus de dialogue.

Vous l’avez dit, vous avez réussi à rassembler. Vous avez été élu au second tour avec plus de 47 % des voix, loin devant le maire sortant Frédéric Lafforgue. Comment expliquez-vous un tel score ?

Je crois que cela témoigne d’une envie de changement. C’est le message qui est clair et qui est net. Il y a une aspiration au changement de la part de la population. Pendant la campagne, même avant, avec l’Observatoire de Castelnau, on a beaucoup rencontré, beaucoup dialogué, beaucoup écouté, beaucoup fait de porte-à-porte. Et le programme que l’on proposait, ce n’était pas notre programme, c’était le programme des Castelnauviens et Castelnauviennes. Je crois que beaucoup, quand ils ont lu le programme, se sont dit : « C’est très proche, voire en adéquation avec ce que je vis, je ressens, avec mes attentes et mes besoins. » Les Castelnauviens et Castelnauviennes ont voté pour leur programme.

Durant cette campagne municipale à Castelnau-le-Lez, le second tour a été marqué par votre refus de débattre avec vos opposants. Une décision qui a interrogé. Pouvez-vous revenir sur les raisons qui ont poussé à ce choix ?

Le second tour a été marqué par un climat délétère et un climat très violent. Moi, je ne crois pas à la brutalité. Je crois à la force des idées, je crois à la force des programmes. Donc je n’ai pas voulu participer au débat d’entre-deux-tours pour ne pas avoir à faire face à cette brutalité qui dessert ceux qui la portent, qui dessert ceux qui la subissent et qui dessert aussi la ville. Mon enjeu, ça a toujours été que, dans quelque situation que ce soit, l’image de la ville ne soit pas dégradée. Et quand je vois le climat qu’il y a eu, évidemment, pendant cet entre-deux-tours, de brutalité, de violence, je crois que j’ai bien fait, et nous avons bien fait collectivement, de prendre la décision de ne pas aller dans ce débat, mais plutôt d’aller sur le terrain à la rencontre des Castelnauviens et Castelnauviennes. 8 % d’entre eux, en plus, par rapport au premier tour, nous ont accordé leur confiance, là où, par exemple, monsieur le maire sortant a perdu des voix entre les deux tours. Je crois que c’est un message assez sain qui consiste à dire qu’on ne veut plus de brutalité, on ne veut plus de violence et on veut une ville apaisée et paisible.

Vous l’avez également dit, vous voulez apporter un « changement » à Castelnau-le-Lez. Comment comptez-vous apporter ce changement et convaincre les habitants que cela est possible, notamment en ayant été adjoint de M. Lafforgue ?

J’ai été adjoint à la Ville durable pendant six mois, au début du mandat en 2020. J’ai été le moins durable des adjoints à la Ville durable. J’ai fait 6 mois à l’intérieur et 5 ans et demi à l’extérieur. Mais en 6 mois, j’ai constaté que les directions qui étaient prises n’étaient pas celles qui étaient attendues par les habitants. Le changement, il s’incarne déjà par une méthode de concertation, de dialogue, de proximité. Il s’incarne aussi dans la façon que l’on a de travailler avec les agents. J’ai un immense respect et une grande considération pour les agents. C’est une grande fierté de travailler à leurs côtés. Le message que je leur ai passé pendant tout le mandat, pendant la campagne, que je continue à passer, c’est que les agents sont les ambassadeurs de la ville. Et puis, il y a aussi tenir ses promesses. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le paradis des promoteurs, c’est terminé. Moi, je me sens du côté des habitants. Je crois que Castelnau, en termes de construction, a largement fait sa part. C’est un changement complet de paradigme que l’on a et que l’on assume. D’une part, on l’assume et, d’autre part, nous avons été élus pour cela.

Quelles sont vos priorités pour la commune ?

Nous avons quatre priorités. La première, c’est de stopper l’urbanisation intensive de la ville en arrêtant la construction d’immeubles, de logements classiques et de logements sociaux. Nous devons également nous mettre à niveau d’équipement, que ce soit écoles, crèches, préservation des espaces naturels. C’est notre première priorité.
La seconde priorité, c’est de baisser la taxe foncière de 20 %. Pourquoi on la baisse de 20 % ? On la baisse de 20 % parce qu’elle est beaucoup plus haute que dans les villes de taille comparable ou les villes voisines. Si nous vivions à Jacou ou à Clapiers, notre taxe foncière serait 17 %, voire 24 %, en dessous de Castelnau. Donc on n’aurait pas besoin de la baisser. On la baisse parce qu’elle est beaucoup plus haute que les autres.
Et ensuite, une autre de nos priorités, c’est l’éthique. Je veux mettre de la distance entre les élus et les promoteurs. Je vais constituer des commissions d’attribution des places en crèche et de regroupement des fratries qui sont extérieures à la mairie, avec des dossiers anonymisés pour que le fait que vous soyez élu, par exemple, ne soit pas un critère d’attribution d’une place en crèche ou d’un regroupement des fratries.
J’ai compris le message à la fois de ceux qui ont voté pour nous, mais j’ai aussi entendu le message de ceux qui n’ont pas voté pour nous. Et moi, mon enjeu, c’est d’être le maire de tous les Castelnauviens et Castelnauviennes et de faire en sorte que ceux qui n’ont pas voté pour nous ou ceux qui se sont abstenus se disent, dans quelque temps, finalement : « Ils sont dignes de confiance et je leur fais confiance. »

Pour entrer plus en détail sur votre mesure de baisser la taxe foncière de 20 %. Comment financez-vous cette mesure ?

Il faut agir sur des leviers qui sont les grandes dépenses, comme le projet de Maison du numérique, où il faut retirer le permis de construire à 6 millions d’euros. Et ensuite, les petites dépenses aussi, comme les lavandes sur le terrain de la Maison du numérique, à 39 000 €, les bandes de couleur sur la place de l’Europe, à 29 000 €. Beaucoup d’habitants nous ont dit : « Moi, j’ai aménagé à Castelnau-le-Lez, mais la taxe est si élevée que je vais devoir partir », ou d’autres qui nous ont dit : « J’ai eu un événement de vie, j’ai perdu ma femme, j’ai perdu mon mari et aujourd’hui, je suis tout seul et je ne peux plus payer la taxe foncière tout seul, donc je me demande comment je vais faire avec ma retraite, par exemple, pour payer la taxe foncière. » On le fait aussi pour répondre à cette situation-là.
Nous allons agir dès le premier euro. Et je crois que c’est le message qu’ont passé les Castelnauviennes et les Castelnauviens, c’est aussi de dire qu’il faut s’intéresser aux dépenses publiques dès le premier euro. Nous avons vu une majorité qui était là depuis 43 ans et qui, finalement, ne se posait peut-être pas la question de chaque dépense.

L’une de vos priorités également est la sécurité. Que proposez-vous ?

Alors, sur la sécurité, le bilan sécuritaire de la ville est mauvais. Il suffit d’aller se renseigner sur le site du ministère de l’Intérieur pour voir que les courbes sur les derniers mandats sont toutes dans le rouge. Toutes en augmentation. Pourquoi ? Parce que, dans le même temps où la population a augmenté de 45 %, les effectifs de la police municipale ont baissé de 25 %. Je veux redonner les effectifs nécessaires à la police municipale. Je veux que l’on ait des polices annexes pour vraiment quadriller les quartiers. Il n’y a également pas de brigade de nuit à Castelnau-le-Lez. Entre 2h et 10h du matin, vous avez un agent qui est d’astreinte, mais vous n’avez pas de brigade dans la nuit qui circule dans la ville. Je veux continuer à quadriller la ville de caméras, Et aujourd’hui, de 2h à 10h du matin, vous n’avez personne derrière les caméras. Je veux que la sécurité redevienne une priorité à Castelnau, c’est une demande des habitants et une réalité statistique et chiffrée quand on lit les données du ministère de l’Intérieur.

Castelnau-le-Lez est la seconde ville de la Métropole. Comment voyez-vous votre travail avec la Métropole et notamment avec Michaël Delafosse, maire de Montpellier ?

Jai été conseiller métropolitain pendant six ans et, pendant six ans, même si je n’étais pas maire, j’étais conseiller municipal d’opposition à Castelnau. J’ai toujours eu un dialogue constructif avec le président Delafosse, indépendamment du fait que nous ne sommes pas de la même sensibilité : il a une sensibilité de gauche, j’ai plutôt une sensibilité de droite. Mais on a toujours travaillé de manière constructive, dans un dialogue toujours respectueux, ouvert, et donc je suis très serein, et cette façon de fonctionner est une façon qui me paraît être la bonne. Je précise que, comme je m’y étais engagé, je ne serai pas vice-président de la Métropole. Ce sera quelqu’un de l’équipe qui le sera parce que je ne veux pas cumuler. Le message qui a été adressé dimanche, c’est un message aussi pour dire qu’on ne veut pas des professionnels de la politique, on veut des professionnels de notre quotidien. Donc moi, je veux être un professionnel de la vie de tous les jours et pas un professionnel de la politique qui cumule des mandats qui ne bénéficient pas aux habitants. D’ailleurs, je ne me présenterai à aucune élection pendant l’ensemble du mandat.

Vous l’avez dit, vous avez une « sensibilité de droite », mais vous êtes également proche de Renaissance, la majorité présidentielle. Finalement, comment vous positionnez-vous et pensez-vous que cela peut créer une confusion chez les habitants ?

Je n’ai jamais caché que j’avais une sensibilité de centre droit. Ce n’est pas un secret. Par contre, dans la gestion de la ville et dans la liste que j’ai composée, c’est une liste sans étiquette. C’est une liste où chacun peut avoir sa sensibilité, mais, par contre, quand il s’agit de Castelnau, nous sommes tous d’accord. Quand je parle de la voirie ou de la préservation de l’environnement, ce ne sont pas des sujets politiques, mais des sujets du quotidien. Dans les rencontres que j’ai eues tout au long du mandat et au cours de la campagne, on ne m’a jamais parlé de politique ou d’étiquette. Moi, je laisse le débat sur les étiquettes aux autres. Mon débat, c’est qu’est-ce qui fait que les Castelnauviens ont une qualité de vie qui s’améliore.

Un autre sujet préoccupant à Castelnau-le-Lez est celui du passage à niveau considéré comme l’un des plus dangereux de France. Que faites-vous ?

Concernant ce passage à niveau, nous héritons d’une situation qui a été gérée avec un amateurisme très fort et qui nous met dans une situation très délicate. Pourquoi ? Parce que les constructions ont été réalisées si près de la voie que, maintenant, il ne reste qu’une solution qui consiste à avoir un souterrain. Vous ne pouvez plus avoir un tunnel puisqu’il n’y a plus d’emprise au sol et, dans ce souterrain, vous ne pouvez avoir qu’une voie. Le problème, c’est que maintenant, on est devant le fait accompli, car M. le préfet a indiqué que, si le passage à niveau n’était pas sécurisé, il se réservait la possibilité de fermer cet accès-là. Donc, on va être obligé de le réaliser et on va être obligé de le réaliser à un prix qui est dix fois le prix auquel on aurait dû le réaliser. Le mandat va aussi être un mandat de réparation des erreurs qui ont été commises par la précédente majorité qui était là depuis 43 ans.

Justement, vous avez d’autres exemples « d’erreurs » que vous allez devoir réparer ?

Quand on regarde l’avenue de l’Europe, on voit bien qu’elle n’a pas été pensée en adéquation avec la vie de quartier, par exemple. On va devoir essayer de redonner de la vie de quartier à l’avenue de l’Europe ainsi que redonner du stationnement aussi. Il y a aussi le quartier Eurêka : il y a un sujet de stationnement, il y a un sujet de sécurité, il y a un sujet de présence d’école qui avait été promis et qui n’est pas là. Il y a des enjeux avec des promoteurs défaillants aussi, des bailleurs défaillants. Tout ça, ce sont des erreurs qui ont été commises. Il y a une forme de laxisme qui a été pratiquée, notamment à l’égard des promoteurs. Maintenant, on va reprendre ces dossiers en main.

La Clinique du Parc est également un sujet clivant. Quelle est votre position ?

Notre position est inchangée. La Clinique du Parc est un joyau pour Castelnau-le-Lez. C’est une fierté immense et tout le monde veut garder la clinique à Castelnau. J’avais adressé un message assez clair au conseil de Métropole, j’avais dit aux autres maires que la Clinique est et restera à Castelnau-le-Lez.
Maintenant, la question, c’était de se dire où peut être implantée la clinique. De notre côté, l’idée est de faire une étude sur l’ensemble de la ville, on regarde quels sont les lieux d’implantation possibles. Si le seul lieu possible est Sablassou, alors la clinique ira à Sablassou. On ne va pas laisser partir la clinique de la ville. Il peut y avoir d’autres lieux, ça peut être à côté du lycée Georges Pompidou. Mais si le seul lieu, c’est Sablassou, elle ira à Sablassou. Par contre, il y a deux conditions. La première, c’est que ça sera exclusivement la clinique et uniquement la clinique, et de la manière la plus compacte possible. On arrête les projets immobiliers qu’avait le maire sortant qui consistait à faire de la clinique un prétexte pour aller construire des logements, des bureaux, et je ne sais quoi encore. La seconde condition, c’est l’emplacement actuel de la clinique. L’enjeu est de le renaturer. Moi, je veux le rendre aux Castelnauviennes et Castelnauviens. C’est une opportunité unique de récupérer un lieu et d’en faire à la fois un théâtre de verdure, un parc pour enfants, un lieu où l’on se balade.
Autre chose, quand je vois que le maire sortant avait des projets de construire des centaines de logements au bord des berges du Lez, personne n’aurait eu cette idée en face, côté Parc Méric. L’idée n’est pas côté Parc Méric, l’idée n’est plus, non plus, côté Castelnau. Il n’y aura aucun logement sur les berges du Lez.

Vous avez dénoncé une « urbanisation excessive » du maire sortant durant ces dernières années. Nous avions interrogé M. Lafforgue en 2025, qui nous a assuré, pourtant, d’avoir bloqué 120 hectares de terres agricoles dans le cadre du PLUI et d’avoir réclamé un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels protégés. Comment expliquez-vous cette différence de point de vue entre ce que peut dire M. Lafforgue et votre constat sur cette urbanisation ?

Ce n’est pas une différence de point de vue entre M. Lafforgue et moi, mais une différence de point de vue entre M. Lafforgue et une majorité de la population. Il suffit de faire une balade dans Castelnau pour voir que l’urbanisme, on peut le qualifier de beaucoup d’adjectifs, de galopant, d’incontrôlé, mais certainement pas d’un urbanisme maîtrisé. Et quand on regarde les chiffres de la métropole qui a un document qui s’appelle le plan local de l’habitat, qui fixe des objectifs par ville, nous avons dépassé notre objectif de 53 %. La plupart des villes ont soit difficilement atteint leur objectif, soit ne l’ont pas atteint et sont 20 % en dessous, 30 % en dessous, voire pour certaines même 70 % en dessous.
Donc Castelnau a passé des années, en urbanisme, à faire le travail des autres. Et donc aujourd’hui, moi, je considère que Castelnau-le-Lez a fait sa part et que chacun doit maintenant faire sa part et faire son travail. Nous, on a fait notre part.

Dernière chose, ce mandat de maire s’annonce être plus long que le précédent en raison des élections présidentielles de 2032, il va donc durer sept ans. Comment voyez-vous ce mandat sur ces sept années ?

L’avantage d’avoir un mandat de 7 ans, c’est que je pense qu’on peut répondre à cette aspiration de changement de la population. On a le temps à la fois de changer et à la fois de concerter, de dialoguer. Je crois beaucoup au temps du dialogue. Je crois que les projets qui arrivent sans avoir eu le temps de dialogue avant ne fonctionnent pas. L’acceptabilité, elle passe par le dialogue. Donc, sept ans, ça permet de dialoguer et ça permet d’agir. Et c’est exactement ce que l’on veut faire.

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