Une semaine après la mort violente d'une femme de 86 ans au Grau-du-Roi (Gard), l'enquête a franchi une étape décisive. Le jeune de 15 ans suspecté dans cette affaire a reconnu être l'auteur de l'agression mortelle. Lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi 18 juin, la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, a détaillé les circonstances des faits ainsi que les éléments recueillis sur la personnalité et les motivations du mineur suspecté.
Un passage à l'acte planifié
D'après Midi Libre, l'adolescent a admis, au cours de sa garde à vue, avoir planifié son passage à l'acte le jour-même. Il aurait récupéré une perceuse appartenant à sa famille avant de la cacher à proximité du lieu où il comptait agir. Il serait ensuite revenu la récupérer avant de se rendre sur place muni de gants et d'un masque.
La victime n'a pas été ciblée pour une raison particulière. Le suspect aurait expliqué avoir surpris la victime par derrière avant de lui porter plusieurs coups à l'aide de la perceuse ainsi que des coups de poing et de pied. L'examen médico-légal a établi que le décès résulte d'une blessure mortelle au niveau du cou causée par un objet perforant ou tranchant. Les investigations ont également mis en évidence de nombreuses lésions sur différentes parties du corps et de la tête de la victime.
Un besoin viscéral de faire du mal
Jusqu'à son interpellation, le mineur n'était connu ni des services de police ni de la justice. Toujours d'après la même source, il aurait expliqué son geste par ce qu'il décrirait comme un "besoin viscéral de faire du mal", associé à un fort sentiment "d'injustice" vécu dans son environnement familial.
Les investigations ont également permis de mettre en lumière un contexte personnel difficile. Né de la troisième union de son père, l'adolescent aurait été marqué par la récente séparation de ses parents. Une situation qui l'aurait éloigné d'une partie de sa famille recomposée. Une rupture amoureuse plus récente l'aurait aussi perturbé.
Mis en examen pour assassinat
Dans le cadre de l'information judiciaire, plusieurs expertises doivent désormais être menées afin d'évaluer l'état psychique du mineur et de déterminer les conditions de sa responsabilité pénale. L'adolescent a été mis en examen pour assassinat puis placé en détention provisoire. Il encourt une peine pouvant aller jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle. L'enquête se poursuit sous l'autorité du juge d'instruction.