« C’est un moment un peu impressionnant... Nous étions élus, maintenant nous sommes aux commandes. Cela change tout, nous avons des responsabilités, les moyens d’agir mais aussi la pression… », confie Martine Scollo-Ogier, 1ère adjointe du maire. Face à elle, environ 380 Graulennes et Graulens sont tout ouïe au théâtre Jean-Pierre Cassel, jeudi 15 octobre. Pour pousser la carte de la démocratie participative, une boîte à questions trône à l'entrée, dont certaines seront lues à la fin de la réunion par le maire, appelant quelques éléments de réponses. Après un petit film sur l'historique de la commune balnéaire diffusé sur grand écran, le maire divers droite Charly Crespe saisit le micro : « C’est ma première réunion en tant que maire, c’était une promesse de campagne, nous réunir deux fois par an pour vous rendre compte ». Après l’effervescence de l’élection en mars dernier, il va falloir convaincre les administrés sur la durée, témoigner de l’avancement des projets et d’un cap clair, ne pas faire de déçus…

"C’est un moment un peu impressionnant..."
Comment améliorer la vie quotidienne des habitants sans s’atteler à l’organisation du travail des agents et leur bien-être, poumon de l’action publique ? « Les agents heureux, cela se traduit dans l’accueil et le service rendu », Charly Crespe l’a bien compris et a réuni dès les cent premiers jours quelque 400 personnels pour prendre le pouls, ajuster les politiques publiques et renforcer la coopération entre les différents services. « Cela a vraiment été apprécié, tout comme la journée de cohésion à l’occasion de la fête locale », se réjouit l’édile. Ces mêmes agents qui, comme la totalité des habitants, pourront bénéficier s’ils le souhaitent d’une mutuelle communale courant 2027. « C’est un peu plus long que prévu en raison du temps administratif, mais nous y travaillons. Un bureau d’études va nous accompagner pour analyser les propositions et toutes les conditions de remboursement », expose Jean-Pierre Filhol, adjoint à la solidarité et à l’action sociale. Bonne nouvelle, la mutuelle sera résiliable à tout moment. En parlant de démarches en ligne, un espace public numérique "avancé" verra le jour dans le courant du premier semestre 2027, au sein de l’hôtel de ville. Un espace ouvert à tous pour bénéficier d’accompagnements : déclaration de revenus, inscription des demandeurs d’emploi, aide au logement… « Nous allons faire en sorte que personne ne se sente mis de côté », ambitionne Martine Scollo-Ogier. Cette dernière fait également le constat du "succès" des permanences des élus, la prochaine se tiendra demain, samedi 17 octobre, aux Argonautes.

Navette, garde-champêtre, poste de police...
Au chapitre transports, la « demi navette qui circule que le matin et qui laisse des lotissements sans dessertes » a été repensée « Nous ne sommes pas tout à fait maître de la compétence, nous dépendons de la Région et de la communauté de communes, c’est long, mais au final c’est la vile qui paye », clarifie le maire. Deux demandes de lignes ont été formulées : une au départ du Boucanet, l’autre de Port Camargue allant jusqu'à la Gare, avec un horaire élargi en fin de journée. Se mouvoir plus facilement, se promener en sécurité également. L’ouverture du poste de police municipal de Port Camargue est « une bonne nouvelle pour les résidents qui n’auront pas à se rendre dans le centre-ville », affirme le maire. L’amplitude horaire des policiers a par ailleurs été revue à la hausse, notamment en fin de journée. Autre nouveauté, une police de l’environnement est en cours de création avec un agent en formation pour devenir garde champêtre. « Son objectif sera notamment de lutter contre les dépôts d’immondices, la dégradation des zones classées Natura 2000… », liste l'adjoint Christophe Dumont. En termes d’incivilités liées aux déchets, « les bacs sortis à n’importe quelle heure de l’après-midi en plein soleil, ce n’est pas possible. Nous allons être plus strictes, cela va monter crescendo », prévient Charly Crespe.

Participation citoyenne et hyperviseur
Parce que la sécurité est l’affaire de tous, une participation citoyenne constituée de 40 habitants de la commune a été mise en place, afin de remonter les informations depuis le terrain. « Nous avons un maillage complet de la commune, tout le monde peut ainsi alerter sur un dysfonctionnement observé », insiste le maire. Autre projet majeur : la modernisation des moyens de la commune avec notamment l’hyperviseur qui sera « plus adapté aux exigences de réactivité ». Un outil qui permettra de travailler en temps réel en cas d’agression, de vol, ou même de montée des eaux et autres aléas climatiques. « En cas d’agression, le système d’éclairage va pouvoir s’adapter et gagner en intensité », donne pour exemple le maire. Autre illustration, les caméras pourront être rapidement braquées sur un malfaiteur en fuite afin de l’identifier.
Office du commerce et village des saisonniers
Vient le développement économique : un office du commerce ouvrira dans les prochaines semaines en centre-ville afin d’accompagner les porteurs de projet et les entreprises déjà installées. « Il s'agit d'un espace de dialogue pour faire remonter les besoins et coordonner nos actions afin de gagner en cohérence », insiste Corinne Pimiento, adjointe en charge. En termes de logement, le fameux "village des saisonniers" au camping de l’Espiguette ouvrira en avril 2027 et accueillera 34 mobil-homes et 120 lits. « Ce n’est pas normal que les travailleurs dépensent la moitié de leur salaire dans leur logement, tout comme des restaurateurs qui ne peuvent pas ouvrir leur salle par manque de personnel », juge le maire qui dit vouloir travailler avec un écosystème d’organismes comme France Travail afin de fidéliser cette main d’oeuvre. Le village des saisonniers représente un coût de 2 millions d’euros, dont 500 000 euros proviennent de subventions.
Plages pour chiens, Imagi'Mômes, Noël...
Autre action très attendue et mise en place par la municipalité : l’ouverture de deux plages pour chiens à titre expérimental « Les retours sont très positifs, les règles sont respectées par les maîtres », se réjouit Nicolas Chanron. Au chapitre festivités, le festival Imagi'Mômes sera étendu sur deux semaines, promesse de campagne. A l'occasion de Noël, les animations seront renforcées. « Si on vous dit chalets en bois, Père Noël, vin chaud, spectacle équestre en bord de mer… », Guylène Bonfiglio laisse planer le suspense sur la programmation qui est en construction. A noter également, une Maison des associations devrait voir le jour en 2027 pour fédérer les initiatives en termes de sport, culture… « Je tiens à saluer la réussite de la fête des 80 ans, il y avait un monde incroyable, on va renforcer le finish et son aspect festif à l’avenir », projette le maire. Les festivités nous amènent aux traditions avec une annonce ovationnée par le public : les Graulinades auront lieu sur deux jours l’année prochaine. « Le deuxième jour, ce seront les Poufrinades en partenariat avec la Confrérie de la rouille graulenne », annonce David Papy au micro. A l’horizon 2028, la 'Voga Monstra 'supprimée depuis quelques années sera remise au goût du jour, en lien avec les vieux gréements. Le remplacement du pont tournant est, quant à lui, prévu pour 2028 en lien avec la Région. Les pontons de chalutiers seront rénovés, les travaux ont déjà commencé. Enfin, la zone portuaire sera également « réorganisée ».
Travaux et Pays de l'Or...
Au chapitre travaux, le quai Colbert sera transformé. « Nous nous sommes battus pour garder deux voies et une piste cyclable à double sens », précise le maire. Les travaux se poursuivront jusqu’à la fin de l’année avec la reprise des réseaux d’eau sous la chaussée, puis reprendront en début d’année prochaine pour la voirie. Le quai sera ensuite réaménagé en sens unique vers le pont, sur deux voies, avec une piste cyclable à double sens. Les travaux sur le boulevard Jean-Bastide sont également en cours en faveur de la mobilité douce, la piste cyclable et piétonne devrait voir le jour en avril 2027. Concernant le parking silo du secteur de la médiathèque, projet majeur, une étude de sol a été commandée par la collectivité qui démarre en novembre. « Elle nous guidera sur les orientations à avoir. Nous avons perdu 500 places de stationnement sur les dix dernières années en coeur de ville, il faut travailler sur notre attractivité », insiste le maire. Lequel n’omet pas de rappeler sa mesure totémique votée lors du dernier conseil : la réduction de la fiscalité de 60 à 30% pour les résidences secondaires, engagement de campagne. Dernier mot enfin sur la volonté de rattacher la commune à l'agglomération héraultaise du Pays de l’Or. « Notre commune participe fiscalement à hauteur de 80% à l'échelle de l’interco Terre de Camargue, alors que certaines réalisations sont impossibles, ce n’est pas normal, juge le maire. J'ai acquis la certitude qu'il faut que l'on change de taille pour disposer de plus de moyens et que l’on rejoigne Pays de l’Or qui nous ressemble en tous points. » D’ici l’année prochaine, le maire sollicitera les habitants au moyen d’une consultation. Reste à savoir si ce départ est réalisable aussi bien juridiquement que techniquement…