Gard : ce que propose le candidat Vincent Bouget aux Nîmois

Vincent Bouget et le collectif de Gauche 'Nîmes en commun' ont présenté leur projet pour 2026.
© Linda Mansouri / infOccitanie. Collectif Nîmes en commun.

« On nous a plusieurs fois réclamé notre projet, force est de constater que nous sommes les premiers à le présenter », fait remarquer Vincent Bouget, candidat de la coalition de gauche ‘Nîmes en commun’ (hors LFI) à Pablo Neruda, ce lundi. « Une petite rénovation de cette salle ne serait pas de trop », dégoupille le professeur d’histoire-géographie à Philippe Lamour, candidat au fauteuil de maire de Nîmes, adoubé par le PS, les écologistes, L’Après, Génération·s, le PRG, Place publique et GRS.

Le grand oral

L’heure de vérité. Face à la presse, le collectif de gauche dévoile non pas un « catalogue de promesses », mais un « projet ». « Le maire de Nîmes avait présenté douze engagements principaux en 2020, la moitié n’a pas été tenue », assène l’élu d’opposition, challenger en 2020. Lequel entend abolir « la ville à deux vitesses », caractérisée par des « liens distendus entre quartiers et générations », et le sentiment d’être « laissé pour compte ».

Vincent Bouget, candidat Nîmes en commun aux municipales à Nîmes. Photo : LM

Pas un « catalogue de promesses », mais un « projet »

Fort de la démarche participative citoyenne de plus de 30 réunions et de 3000 réponses à un questionnaire, ‘Nîmes en commun’ en a extrait quelques orientations sociales, économiques et environnementales. Si le conseiller départemental remporte l’élection nîmoise en mars prochain, il entend faire de Nîmes une ville plus « unie », « chaque quartier sera respecté ». Les propositions seront affinées dans le temps. Une quinzaine de projets verraient le jour à l’horizon 2033, nécessitant environ 45 millions d’euros sur le mandat, « nous les sectionnerons au cours de l’année 2026 ».

Présentation du projet de Nîmes en commun, 19 janvier, Nîmes. Photo : LM

« En finir avec la ville à deux vitesses »

Trois priorités structurent ce projet, dont la première : en finir avec la ville « à deux vitesses ». Le dispositif « Places communes » entre en jeu, permettant de « faire ensemble », sous forme de tiers-lieu culturel, sportif… Des lieux citoyens animés par les habitants, accueillant les services publics de proximité et s’appuyant notamment sur les centres sociaux et les comités de quartier. « Des locaux vides dorment dans certains quartiers », regrette Vincent Bouget. Une cartographie des besoins sur toute la ville sera dressée et des expérimentations auront lieu dans des quartiers pilotes. Le candidat appelle également à l’égalité de traitement concernant la voirie, la propreté, l’entretien et les équipements, dans tous les quartiers. « Il faut sortir de l’arbitraire des choix municipaux », tance le candidat (PCF) qui appelle à plus de coordination entre les acteurs locaux. Ainsi, l’amplitude horaire des transports en commun sera élargie, la police municipale sera renforcée et « équilibrée » dans toute la ville, la végétalisation dans les quartiers sera « équitable ».

« Pas une décision ne doit être prise sans les habitants »

La deuxième priorité consiste à « rendre le pouvoir aux Nîmoises et Nîmois », au travers notamment d’un grand plan de végétalisation partagé, permettant par exemple une meilleure circulation de l’eau et un diagnostic des îlots de chaleur. « Pas une décision ne doit être prise sans les habitants », clarifie Vincent Bouget qui insiste sur la « transparence totale » des ordres du jour du conseil municipal et des délibérations ; la retransmission vidéo des débats ; des rencontres avec les conseils de quartier à l’automne 2026 pour « mettre à plat » les besoins ou un audit complet des délégations de service public… « La refondation démocratique avec les conseils de quartier et un budget participatif est nécessaire, pour inventer de nouvelles règles, aujourd’hui, cela ne fonctionne pas », avance-t-il.

Un « Réseau nîmois de réussite scolaire »

Troisième priorité ? La réussite de la jeunesse. « C’est une chance pour notre ville, il nous faut être beaucoup plus volontariste », estime Vincent Bouget. Lequel esquisse une ville « à hauteur d’enfants » concernant le plan de mobilité et l’appropriation de l’espace public. Il propose alors un ‘Réseau nîmois de réussite scolaire’ qui suivra personnellement les jeunes, leur permettant de bénéficier d’un parcours personnalisé jusqu’à trouver une voie et lutter contre « l’autocensure ». Un séjour vacances pour un millier d’enfants sera mis en place dès 2026, ainsi qu’un plan d’urgence de rénovation énergétique des 83 écoles de la ville. Un « Pôle ressources jeunesse » sera créé, centralisant les informations et les aides. Les solutions d’accueil pour la petite enfance seront développées et des aides municipales ciblées pour alléger le coût de la garde seront mis en places. Enfin, les transports publics seront gratuits pour les moins de 25 ans, en commençant par les scolaires, nous y reviendrons.

Police de proximité « équilibrée et renforcée »

Ces trois priorités mentionnées se déclinent en cinq axes. Le premier porte sur la sécurité et la solidarité. Parmi les propositions : une mutuelle communale accessible à tous, la création d’un ‘Campus des solidarités’, la mise en place d’une « caisse locale de Sécurité sociale de l’alimentation » accessible à tous, avec une participation progressive selon les revenus, ou le renforcement des épiceries solidaires de quartier. Quant à la police de proximité, elle sera « renforcée et équilibrée » dans toute la ville. Le candidat dit vouloir travailler avec l’Etat pour « finaliser » le commissariat de plein exercice à Pissevin, developper des bornes d’appels d’urgence, renforcer les médiateurs urbains… La PM sera mobilisée pour sécuriser les déplacements en soirée, du jeudi au samedi soir, entre 23h et 1h du matin.

« Les médiateurs urbains n’ont pas de prix »

« Les médiateurs qui interviennent sur les parvis des collèges et des lycées n’ont pas de prix, ils apportent un apaisement considérable », appuie Amal Couvreur, vice-présidente au Département et présente sur la liste du collectif ‘Nîmes en commun’. Cette dernière entend rassembler « ce qui a été divisé pendant vingt ans ». Concernant le CLAS, Contrat local d’accompagnement à la scolarité, elle proposera à la Ville d’être partie prenante du dispositif. Chapitre logement, « il y a en moyenne huit candidats pour un logement libre, Nîmes est au-dessous du seuil prévu par la loi SRU« , pointe Amal Couvreur, avant de proposer un guichet unique pour les logements et la création d’une équipe de plusieurs bailleurs, travailleurs sociaux, associations de défense des locataires…

« Observatoire du logement » et « Centre de santé municipal »

Un « Observatoire du logement » sera mis sur pied afin de recenser les logements vacants. Favoriser l’accession à la propriété des personnes à faibles ressources sera une priorité via un « Organisme de foncier solidaire ». Le collectif entend également renforcer les contrôles de salubrité pour lutter contre les marchands de sommeil. Au chapitre santé, un « centre de santé municipal, pluri-professionnel et universitaire co-construit avec les habitants » verra le jour pour mieux adapter l’offre aux besoins des habitants et les impliquer dans des actions de prévention. Le contrat local de santé « Une seule santé » sera mis sur pied, une approche permettant d’inclure la santé dans toutes les politiques publiques : logement, alimentation, social, environnement…

« Repartir sur une large concertation avec les étaliers »

Autre axe de ce projet : la qualité de vie. Pour ce faire, le collectif de gauche entend « renaturer, désimperméabiliser et lutter contre l’artificialisation des sols ». La rénovation thermique des écoles, des bâtiments publics et des logements sociaux sera une priorité. Le collectif veillera sur la présence d’espaces naturels et agricoles dans le futur PLU. Concernant les Halles de Nîmes, « il nous faudra repartir sur une large concertation avec les étaliers, on veut nous imposer un projet urbanistique imposé par le haut ». Les transports seront gratuits pour les moins de 25 ans, les scolaires et les personnes en situation de précarité. Un demi-tarif sera appliqué pour les retraités, en conservant la gratuité pour les plus de 70 ans. Une réflexion sur la « gratuité ponctuelle et la gratuité par l’usage » est à l’ordre du jour.

Agence de développement économique, « he oui, ça n’existe pas sur le territoire ! »

Quatrième axe : l’emploi, l’innovation et la formation. « L’accompagnement doit être plus lisible », estime Vincent Bouget. Lequel propose une Agence de développement économique,« he oui, ça n’existe pas sur le territoire ! ». Celle-ci rassemblerait tous les acteurs du territoire pour encourager la création et le développement d’activités. « Notre territoire est cloisonné, il y a des baronnies, il faut les combattre », estime Pierre Jaumain, premier fédéral PS du Gard et membre du collectif. Lequel déplore des synergies sous-exploitées avec les territoires d’Alès et de Bagnols. Aussi, une « marque de territoire » serait créée, l’Etat sera interpellé pour de nouvelles zone franches dans les quartiers prioritaires de la ville et les zones d’activités existantes seront optimisées. « La transparence sera faite sur Magna porta, nous poursuivrons la réhabilitation du Marché gare, la porte Ouest et la requalification de la route de Montpelier », liste Vincent Bouget. Le site des Carmes sera conservé en tant que site universitaire occupé par l’Université de Nîmes.

Gestion publique des monuments romains

Chapitre tourisme, Vincent Bouget prône notamment la gestion publique des monuments via un EPCC, à l’image du Pont du Gard. Une « Maison de l’UNESCO » pourrait voir le jour, en lieu et place du projet de Maison Saurel aux Jardins de la Fontaine. Pour le volet sport, Vincent Bouget entend rénover le stade des Costières sur la base d’une nouvelle étude d’évaluation « afin de lui redonner son rôle historique pour le Nîmes Olympique, et d’y déployer des activités sportives et culturelles dans une optique de mutualisation ». Le même de poursuivre : « Il faut rénover le Parnasse et faire un audit sur le taux d’occupation des équipements sportifs. Les infrastructures manquent à l’Est de la ville, tout comme les piscines ». Le sport féminin bénéficiera de « créneaux égalitaires » et des « Olympiades inter-quartiers » auront lieu.

« On n’a jamais vu une dette aussi élevée »

Tout cela est-il seulement possible ? Gilles Guillaud (Parti radical de gauche), fonctionnaire d’Etat et membre du collectif ‘Nîmes en commun’, apporte des éléments de réponse. « Comme vous le savez, la droite laisse en partant une situation financière et budgétaire pas bonne du tout. On n’a jamais vu une dette aussi élevée, la fiscalité est parmi les plus élevées de France », entame-t-il. Le monsieur chiffres du projet mise sur la stabilisation de la dette, sans augmenter les impôts, en réorientant les dépenses de fonctionnement afin de trouver des marges de manoeuvre et ainsi investir. « En stabilisant la dette, on arriverait à dégager une capacité d’investissement pour la ville de 60M€ par an, 360M€ sur le mandat, c’est jouable. Pour Nîmes métropole, on partirait sur 100M en un an, 600M sur le mandat ». Vous l’aurez compris, Vincent Bouget entend « réparer ce lien entre les Nîmoises et Nîmois ». Il l’affirme haut et fort : « Je place ma confiance dans les habitants ».

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