InfOccitanie : Quel bilan faites-vous de l’année 2024 ?
Robert Ménard : Dans un contexte difficile avec beaucoup d’inconnus, nous avons maintenu l’investissement, représentant 120 millions d’euros entre la Ville de Béziers et l’Agglo. C’est une bonne chose pour le dynamisme de la ville et les entreprises locales. Nous avons renié sur le fonctionnement pour dégager de l’investissement, c’est le cas pour les économies sur le personnel. Depuis que je suis maire, nous avons diminué de 12% les effectifs de la Ville et, dans le même temps, recruté une centaine de policiers.
InfOccitanie : Le Département de l’Hérault a annoncé faire des coupes sur la culture, en raison du désengagement de l’Etat. La culture sera-t-elle rognée à Béziers également ?
Robert Ménard : En 2025, nous faisons le choix à Béziers d’ouvrir un nouveau théâtre, c’est suffisamment rare pour le souligner. Je précise que cette gauche qui venait me donner des leçons de morale en disant que la culture était essentielle, que ce n’était pas un supplément d’âme, finit par tailler dedans en premier lieu…
InfOccitanie : Quels projets structurants ont été menés à Béziers et dans l’Agglo en 2024 ?
Robert Ménard : Le plus gros projet pour Béziers est la gare et l’aménagement de tout son quartier. L’Agglo de Béziers va donner plus de 20 millions d’euros pour une passerelle qui permettra de relier le centre-ville au canal du Midi. Mon objectif principal est de relier le centre-ville au fleuve l’Orb et au Canal du Midi. Cette ville vivait le dos tourné à ces deux artères fluviales. Le Théâtre des variétés qui sera inauguré à la fin de l’année est un investissement d’une vingtaine de millions d’euros. Il y a « Béziers antique » aussi, nous allons reconstruire la ville 30 ans après Jésus-Christ. Nous avons acheté les terrains et lancé l’appel d’offres. Nous allons la construire avec les mêmes techniques et les mêmes matériaux qu’à l’époque, cela a été fait à petite échelle en Bourgogne autour d’un château. Nous allons mettre 30 ans pour la reconstruire, route de Lespignan. Beaucoup de visiteurs viendront.
InfOccitanie : Quelle feuille de route pour la sécurité ?
Robert Ménard : Nous avions 30 policiers quand je suis arrivé, nous en sommes à 120. Nous avions 30 caméras, nous en sommes à 496 aujourd’hui, et nous allons poursuivre dans cette voie. La sécurité est mon obsession. Les gens me demandent deux choses : la sécurité et la propreté de la ville et ils sont en droit de l’exiger. Notre ville a armé la police municipale il y a dix ans.
InfOccitanie : En matière de santé et de social, quels projets sont prévus en 2025 ?
Robert Ménard : Le gros pari, c’est que nous ouvrons à Béziers une Maison des femmes en juin 2025. C’est un lieu qui permettra aux femmes victimes de violence conjugale notamment, de bénéficier de toutes les réponses à leurs questions et des accompagnements nécessaires. Ce lieu regroupera de nombreux spécialistes de la santé mais pas uniquement. Une femme violentée par son conjoint doit pouvoir trouver où se loger où mettre ses enfants à l’abri, comment faire des démarches administratives, etc.
InfOccitanie : Les trottinettes électriques bientôt interdites à Béziers ?
Robert Ménard : Dieu merci, je n’ai pas installé le service public avec location à l’heure à l’époque. J’ai été tenté de le faire, puis j’ai mesuré le problème que cela pose. J’ai pris un arrêté pour les interdire dans toute une partie de la ville. Je veux pouvoir les saisir en cas de flagrant délit, de faute d’assurance par exemple. Je rêve de les détruire, mais cela va être un peu plus compliqué.
InfOccitanie : Quel bilan de l’expérimentation de la tenue unique ?
Robert Ménard : L’uniforme plutôt, il faut assumer le terme ! Nous sommes la première ville en France a l’avoir mis en place. Tous les indicateurs sont positifs. Tout le monde est ravi, les parents, les enfants, les enseignants… Pour habiller les enfants le matin, c’est beaucoup plus simple.
InfOccitanie : N’est-ce pas une mesure pour camoufler des problèmes plus urgents comme le manque cruel d’ATSEM ? (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles)
Robert Ménard : Cela n’a strictement rien à voir. L’uniforme à l’école ne règle pas le problème du manque d’attractivité du métier d’enseignant, mais cela va dans le bon sens. Offrir 200 euros aux familles pour se procurer une tenue… Allez leur demander s’ils ne sont pas satisfaits ! Quant aux ATSEM, je m’y engage. Il y aura d’ici la fin de l’année un ATSEM par classe de maternelle à Béziers.
InfOccitanie : Célébration de la fête juive Hanouka à l’hôtel de ville de Béziers considérée comme une nouvelle atteinte à la laïcité selon la Ligue des droits de l’Homme. Que leur répondez-vous ? La fête musulmane Aïd al-Adha pourrait-elle être célébrée également ?
Robert Ménard : Chaque fois que l’on m’a invité à une fête musulmane, j’y suis toujours allé. Pour l’inauguration de la crèche, il y a toujours un imam, il s’y trouve très bien. Le nombre de femmes voilées qui viennent voir le petit Jésus avec leurs enfants, cela ne dérange visiblement personne. Je rappelle que dans les différentes religions, nous avons Jésus en commun, nous ne lui accordons pas le même statut. La lecture que je fais de la laïcité est une lecture ouverte. 20 000 personnes viennent voir notre crèche, je vous assure qu’il n’y pas 20 000 personnes à l’église ici… La crèche est une belle façon de vivre ensemble, de réunir les gens. Quant aux derniers procès sur la crèche et Hanouka, nous les avons gagnés.
InfOccitanie : Sur quels indicateurs vous appuyez-vous pour affirmer qu’il existe une submersion migratoire à Béziers ?
Robert Ménard : Elle saute aux yeux ! A l’école Gaveau Macé à Béziers par exemple, la plus grosse du centre-ville, 80% des enfants sont issus de l’immigration, notamment maghrébine. C’est une catastrophe, l’intégration nécessite d’être frotté aux autres. Les premières victimes de cette concentration, ce sont les enfants d’immigrés. Lorsque vous avez des chiffres de l’immigration aussi importants, la diversité n’existe plus, vous n’intégrez plus. J’ai passé 25 ans de ma vie à la tête de Reporters sans frontières que j’ai crée, 25 ans à me battre pour les droits de l’homme, quelle que soit la couleur de peau, quelles que soient les origines ou l’appartenance religieuse. La gauche qui dit qu’il ne faut pas limiter l’immigration, c’est qu’elle se moque complètement de ces enfants !