InfOccitanie : L’annonce a été faite lors du dernier conseil municipal. Qu’est-ce qui vous motive à être candidat à votre succession en 2026 ?
Robert Crauste : Les maires incarnent la stabilité dont les citoyens ont besoin. Nous vivons dans un monde avec d’extrêmes tensions internationales, un climat social difficile, des contraintes financières de plus en plus importantes, tout cela crée un climat anxiogène. Bien souvent, les concitoyens se retournent vers le maire qui incarne un pôle de confiance, de stabilité et un interlocuteur de proximité.
InfOccitanie : Sur quelles cartes allez-vous miser pour faire tourner le suffrage à votre avantage ?
Robert Crauste : Mon implication locale dans la société civile est importante. J’ai été médecin, médecin capitaine des pompiers, acteur de l’associatif local, conseiller régional, maire… Ma motivation se base sur l’expérience acquise au sein des réseaux, avec les services de l’Etat, les autres collectivités ou bien au travers de ma casquette de vice-président de l’Anel, Association Nationale des Elus des Littoraux. Je suis très impliqué sur la protection de ce territoire et j’ai la volonté d’accompagner le Grau-du-Roi sur la réflexion autour de l’élévation du niveau de la mer et du recul du trait de côte notamment.
InfOccitanie : Vous insistez notamment sur les finances de la Ville que vous avez redressées à votre arrivée aux manettes. Quelle était la situation à l’époque ?
Robert Crauste : La ville était en cessation de paiement avec une dette de 70M€ consolidée. Elle n’avait plus de fonds de roulement, ni de capacité d’autofinancement. Ce n’est pas moi qui le dis, mais la Chambre régionale des comptes. Nous nous sommes mobilisés afin de céder du patrimoine en désuétude et dégager des recettes. Nous avons ainsi réhabilité l’hôtel de résidence Camargue, le village vacances route de l’Espiguette qui était à l’abandon, la place de la République, réaménagé le front de mer, construit l’école de mer à Port Camargue, réhabilité l’ancien phare, la friche de l’ancien hôpital… Cela nous a permis de produire un bilan extrêmement positif sur le plan des aménagements.
InfOccitanie : Quelques exemples de projets qui seront menés cette année ?
Robert Crauste : Il y en a beaucoup, nous allons livrer le pôle petite enfance de très belle qualité et développer une piste de 1,4km sur le Boulevard Jean Bastide au Boucanet qui fera la liaison avec La Grande-Motte. Nous poursuivons notre rénovation urbaine sur l’avenue Simone Veil et nous travaillons sur le pôle d’échange multimodal autour de la gare.
InfOccitanie : Quels sont les projets qui n’ont pas avancé comme vous l’auriez souhaité ?
Robert Crauste : Les contentieux nous ont fait perdre énormément de temps sur l’écoquartier Méditerranée. Nous serions normalement en train de livrer les premiers logements à l’heure où je vous parle ! Il s’agit de programmes proposant notamment de l’accession sociale à la propriété à des prix intéressants, avec notamment du BRS (Bail réel solidaire, ndlr), permettant de faire venir des familles et des actifs, et ainsi rééquilibrer la démographie locale.
InfOccitanie : Pourquoi ces contentieux ont-ils vu le jour ?
Robert Crauste : Des personnes issues de l’environnement immédiat ont considéré que ce projet venait impacter leur qualité de vie. Elles se sont mobilisées en association, ont été déboutées au tribunal administratif et ont perdu en appel. Ce que je regrette, c’est une activation politique… L’opposition n’a pas été étrangère, selon moi, à l’animation de cette contestation. Maintenant, nous nous remettons au travail, j’ai une réunion la semaine prochaine. Nous avons déjà retenu des promoteurs, l’architecte et le bailleur Habitat du Gard produira une cinquantaine de logements.
InfOccitanie : Réhabilitation du centre ancien, vous nourrissez des frustrations à ce sujet, pour quelles raisons ?
Robert Crauste : Beaucoup de choses ont été réalisées, des maisons réhabilitées, une dynamique économique locale retrouvée. Mais sur l’aspect général du centre ancien, la rénovation des façades, je regrette ne pas avoir pu aller plus vite. Les propriétaires fonciers qui font des baux précaires, cela reste difficile à bouger. J’ai commandé des études, mais nous n’avons pas pu entrer dans des phases opérationnelles en raison du coût induit trop important. J’ai pris toutefois des mesures tels que le règlement local de publicité, le déploiement d’une brigade de 2 policiers municipaux, le recrutement d’un chargé de mission commerces… Le Grau doit garder son caractère de village de pécheurs tout en prenant une orientation plus qualitative. C’est un objectif pour les prochaines années.
InfOccitanie : Baisse des impôts locaux de 7,7 % votée lors du dernier conseil. Est-ce une mesure électoraliste en vue de 2026 ?
Robert Crauste : Cela n’a strictement rien à voir avec la proximité des élections ! En 2015, nous avions demandé un effort d’1M€ en termes de fiscalité car nous étions dans le dur. Au moment où les choses vont bien, avec une capacité d’autofinancement de quasiment 5M€, il n’y a pas de raisons que je ne restitue pas cet argent, c’est cohérent et logique. Par ailleurs, pendant 10 ans, nous n’avons pas touché à la fiscalité.
InfOccitanie : Une nouvelle association se nommera Gardons le cap, quelles seront vos actions à venir ?
Robert Crauste : Il s’agit de l’animation d’une dynamique pour les prochaines élections, afin de rassembler les bonnes volontés qui voudraient travailler avec moi. Nous allons établir un local et je vais réfléchir à un renouvellement de ma liste…
InfOccitanie : Quel regard portez-vous sur la candidature de Sophie Pellegrin-Ponsole (Horizons) ?
Robert Crauste : J’observe les forces en présence et l’opposition qui siège au conseil municipal… Certaines personnes, comme madame Pellegrin-Ponsole, qui reconnait par ailleurs mon bilan, annoncent être partie prenante dans ce prochain scrutin, en effet. Je note en tout cas ses compétences sur le volet du développement économique et du tourisme, de par sa profession au Comité régional du tourisme. Manifestement, le Rassemblement national préparerait une liste, idem du côté de Reconquête! (parti d’Eric Zemmour, ndlr).
InfOccitanie : Le RN ne cesse de gagner du terrain dans les suffrages. 6 députés gardois sont frontistes, dont Nicolas Meizonnet qui jouit d’une bonne renommée en Camargue… Un danger pour la mairie en 2026 ?
Robert Crauste : Les concitoyens font la part des choses entre l’action locale et nationale. Les deux élections sont différentes. Je suis le maire de tous les Graulens sans distinction, avec l’ambition de développer des politiques utiles à tous, notamment en matière de sécurité. En témoigne le centre de supervision urbain qui disposera de plus de 100 caméras ou les effectifs doublés de la police municipale… Les électeurs sont attentifs à ce que fait un maire en proximité, à sa personnalité également.
InfOccitanie : Jugez-vous l’opposition de Charly Crespe (41,79% au second tour en 2020) et de son groupe, constructive ?
Robert Crauste : Sa motivation première, c’est être un détracteur, dénigrer, verser dans la démagogie et aller gratter des voix partout où il peut. Si on l’écoute, il faudrait tout faire différemment. Monsieur Crespe passe son temps à aller sonder les mécontents, forcément, il y en aura toujours. Cette opposition frontale ne fait pas une force de proposition d’avenir. Concernant la médiathèque, j’assume mes choix, l’adhésion de la population est formidable !