En 2027, les Français auront à choisir une personne « qui rassure » dixit François Hollande

L'ancien chef d'Etat socialiste était l'invité du Cercle Mozart de Montpellier jeudi 28 mai, à la clinique Saint-Jean. Sans officialiser une candidature, François Hollande entend bien jouer sa partition en 2027.
© Linda Mansouri. François Hollande.

« Vous avez bien connu Emmanuel Macron ? », questionne un journaliste. « Pas assez ! », rétorque François Hollande sous les rires de l’assistance. Tous les signaux convergent vers une candidature à la présidentielle, mais pour l’heure, l’ancien chef d’Etat prône la prudence. Jeudi 28 mai, le Cercle Mozart de Montpellier présidé par l’avocat Jean-Marc Maillot accueillait le député de Corrèze à la clinique Saint-Jean, aux côtés de Lamine Gharbi, président national de la Fédération des cliniques privées. François Hollande prendra-t-il sa part dans un an ? Une association dédiée à des soutiens a bien été créée : « Démocratie 2030 », augurant d’une dynamique pour celui qui dit « se préparer ». Dans sa besace, quelques arguments : « J’ai une différence avec les autres. J’ai déjà été Président », valorise-t-il dans la presse.

François Hollande, invité du Cercle Mozart de Montpellier, 28 mai 2026. Photo : Linda Mansouri

« Fallait-il faire deux quinquennats de suite ? »

Face à des invités triés sur le volet, mundillo politique et économique compris, François Hollande a balayé les défis extérieurs et intérieurs qui attendent les Français, tout en esquissant les qualités dont devra témoigner le prochain Président. Que pense-t-il du bilan d’Emmanuel Macron, son ancien ministre à l’Economie ? « Fallait-il faire deux quinquennats de suite ? » interroge-t-il avec sarcasme, avant de synthétiser le bilan économique du chef d’Etat : « Donner des avantages aux entreprises et aux personnes fortunées pour espérer des retombées dans l’économie ». Le deuxième mandat se caractérise par l’absence de « projet et de doctrine » et la montée des extrêmes. En somme, une présidence macroniste ayant entrainé un « risque sérieux pour la démocratie ».

François Hollande invité du Cercle Mozart de Montpellier, 28 mai 2026. Photo : Linda Mansouri

« Il parle d’expérience, mais laquelle ? Celle d’avoir été quatre fois candidat à la présidentielle ? »

Quid de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, qui caracole en tête dans les récents sondages pour 2027 ? Tout en reconnaissant l’assise du parti frontiste auprès des Français plus enclins au « dégagisme » des partis actuels qu’en 2017, François Hollande ne se formalise pas. « Sa victoire n’est pas acquise, les chiffres d’aujourd’hui ne sont pas ceux de l’année prochaine », analyse-t-il. Quant à Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré de La France insoumise : « Il parle d’expérience, mais laquelle ? Celle d’avoir été quatre fois candidat à la présidentielle ? », dégoupille le socialiste. Lequel livre son pronostic : « Si Jean-Luc Mélenchon est au second tour contre qui que ce soit, il a perdu. S’il y a un candidat de droite ou de gauche républicaine, il pourra y avoir un vote utile s’il est regardé comme pouvant battre Le Pen ou Bardella ». Au regard des nombreux défis qui planent sur les têtes : tant nationaux qu’internationaux, François Hollande l’assure : « les Français auront à choisir une personne qui rassure, qui assure la crédibilité », avant de soulever la particularité du prochain scrutin : « Voter en France est une double responsabilité, on vote pour la place de la France dans le monde et sa capacité à influencer ».

Bardella ? « Sa victoire n’est pas acquise »

L’échange s’est notamment orienté sur le sujet de la santé. « Tout le monde se plaint. L’hôpital public est en grande souffrance. pourtant, il n’y a jamais eu autant de financements. Quelle vision de la médecine privée, publique et de ville avez-vous ? », questionne Lamine Gharbi, patron du groupe Cap Santé incluant la clinique Saint-Jean. « Ce n’est pas en mettant plus de moyens dans la santé qu’on trouvera des solutions. Je ne dis pas qu’il en faut moins, mais plutôt une réorganisation, une meilleure coordination entre public et privé et de la responsabilité », liste le député. Lequel consent, la gageure est de « trouver du personnel au regard de la dureté de la tâche ».

« Ce n’est pas en mettant plus de moyens dans la santé qu’on trouvera des solutions »

Alors que les impérialismes gagnent en férocité, les États-Unis, la Russie et la Chine en bonne place, François Hollande regrette que le couple franco-allemand ait perdu de sa vaillance : « Depuis plusieurs années, le Président et les différents chanceliers n’arrivent plus à trouver de lien comme De Gaulle et Adenauer ». L’inquiétude s’empare du politique de gauche : « Les rapports de force ne sont pas forcément favorables pour notre économie. Notre dette dépasse les 118% du PIB. Ce qui devient insupportable, c’est le niveau des taux d’intérêt alors que la France est l’un des plus gros emprunteurs sur le marché ». Pour la campagne qui vient, « il faut aller vers l’essentiel », estime le socialiste. Où faire des économies ? « Pas dans l’éducation, ni la santé, etc. Il reste l’assurance maladie et les retraites, vous avez la problématique pour les prochaines années », conclut l’intéressé.

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